L'Europe a encore besoin du soutien de la BCE, juge Draghi

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Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a présenté ce lundi les perspectives de développement économique et monétaire de la BCE à la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Le débat avec les députés s'est également attardé sur la question du programme d'assouplissement quantitatif de la BCE, dans un contexte d'inflation croissante.

La reprise économique dans la zone euro gagne en vigueur mais a toujours besoin du soutien de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, tel est le message adressé par Mario Draghi, le président de la BCE, lors d'une audition au Parlement européen.

L'inflation accélère mais pour l'essentiel à cause de la remontée des cours du pétrole, a-t-il précisé. "Le soutien de nos mesures de politique monétaire est toujours nécessaire si les taux d'inflation convergent vers notre objectif avec suffisamment de confiance et d'une manière soutenue", a-t-il expliqué devant les membres de la Commission des Affaires économiques du Parlement européen.

1,8%
Après une hausse de 1,1% en décembre, les prix à la consommation en zone euro ont progressé de 1,8% sur un an en janvier, très proche de l'objectif de la banque centrale d'une inflation légèrement inférieure à 2%, synonyme selon elle de la stabilité des prix.

Il a aussi rappelé que la BCE s'attachait à analyser la tendance à moyen terme des prix sans se focaliser sur des évolutions ponctuelles. Les risques pour la zone euro perdurent et "sont liés principalement à des facteurs mondiaux", a justifié le banquier central. Mais "notre stratégie de politique monétaire prescrit que nous ne devrions pas réagir à des statistiques individuelles et des hausses de court terme de l'inflation. L'horizon pertinent de notre politique est le moyen terme", a pointé le président Draghi.

"La dernière chose dont on ait besoin, c'est un assouplissement de la régulation"

La banque centrale se démène depuis plus de deux ans pour dynamiser l'économie et les prix. Outre des taux au plus bas et des prêts géants gratuits aux banques, elle rachète en masse tous les mois des dettes publiques et privées dans le cadre de son programme surnommé "QE". La banque centrale a prévu de réduire d'un quart ses achats d'actifs à compter d'avril mais elle les a dans le même temps prolongés jusqu'à la fin de l'année.

L'accélération récente de l'inflation accroît la pression sur la banque centrale, alors que de plus en plus d'observateurs, notamment en Allemagne, s'inquiètent des risques de la politique très interventionniste que mène la BCE et l'appellent à réduire la voilure face à la remontée des prix. Mais le président de la BCE n'en démord pas. Selon lui, "la dernière chose dont on ait besoin, c'est un assouplissement de la régulation".

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