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L'Europe attaque Amazon pour position dominante

La commissaire européenne Margrethe Vestager reproche à Amazon un abus de position dominante et lance une deuxième enquête. ©EPA

La Commission européenne accuse Amazon de fausser la concurrence en utilisant les données des vendeurs qui emploient sa plateforme pour optimiser ses propres ventes.

Lors d’une conférence de presse surprise ce mardi, la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager a dévoilé les conclusions préliminaires de son enquête sur le géant de l’e-commerce Amazon. La Commission enquête depuis plusieurs mois sur les pratiques anti-concurrentielles et l’abus de position dominante de l’entreprise de Jeff Bezos.

La Commission accuse Amazon d'utiliser en permanence les données commerciales récoltées auprès des vendeurs indépendants actifs sur sa plateforme pour en faire bénéficier sa propre activité de vente au détail. Celle-ci est en concurrence directe avec celle de ces vendeurs tiers, voilà le nœud du problème.

"Les données relatives à l'activité des vendeurs tiers ne devraient pas être utilisées au bénéfice d'Amazon lorsque celle-ci agit en tant que concurrente de ces vendeurs."
Margrethe Vestager
Commissaire européenne à la Concurrence

Des données pour savoir quoi vendre et comment le faire

Amazon a accès à toute une série de données sur les vendeurs qui utilisent sa plate-forme. On en dénombre plus de 800.000 en Europe. La société américaine scrute ces données chaque seconde. Que ce soit le nombre de transactions, les montants dépensés, l'heure d'achat, quel stock avoir pour tel type de produit, quel produit ne pas lancer (car il est régulièrement sujet à une garantie activée): autant d'éléments qui lui permettent de savoir quel produit lancer, quand et comment le faire.

La deuxième enquête de la Commission européenne concerne notamment l'utilisation et l’accès pour les commerçants à la fameuse "buybox" d’Amazon.

Selon la Commission européenne, cela donne un avantage considérable à la plate-forme. Si elle est confirmée, cette pratique serait contraire à l'article 102 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne qui interdit les abus de position dominante sur le marché. Amazon pourra répondre de ces accusations dans les prochaines semaines.

Nouvelle enquête

La commission ne compte pas en rester là avec Amazon. Elle annonce qu’elle lance une deuxième enquête dans la foulée. Celle-ci concerne utilisation et l’accès pour les commerçants à la fameuse "buybox" d’Amazon. C’est la petite box blanche qui vous permet d’ajouter  en un clic un produit à votre panier. Pas moins de 80% des ventes sur Amazon se font via ce bouton, mais tous les commerçants n’y ont pas accès. Même problème pour le programme de fidelité "Amazon Prime", dont l'accès pour les commerçants est aussi dans le viseur de cette enquête.

La Commission reproche en fait à Amazon de privilégier les commerçants qui utilisent ses services logistiques, notamment la livraison. Là encore, si la pratique est avérée, elle serait synonyme d’abus de position dominante sur le marché européen et pourrait conduire à une forte amende.

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