Publicité

L'Europe doit-elle encore viser la Lune et Mars?

L'astronaute belge Frank De Winne soutient les nouveaux projets de l'ESA. ©BELGA

L'Agence spatiale européenne s'est dotée d'un nouveau directeur et celui-ci compte bien secouer l'institution. Il s'est fixé 5 priorités.

Le nouveau directeur de l'Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, est entré en fonction le 1er mars. Il semble bien décidé à faire (re)vivre l'ESA: quatre semaines plus tard, il présentait déjà ses priorités. Elles sont au nombre de cinq, réunies dans un "ESA Agenda 2025".

5
priorités
L'ESA Agenda 2025 comporte cinq points

L'Autrichien a débarqué à la tête de l'agence alors que celle-ci est à la croisée des chemins. La conquête de l'espace est en train de changer son modus operandi. La Chine s'affirme comme nouvelle puissance du secteur. Le privé fourmille de projets, avec des hommes comme Elon Musk et sa société SpaceX qui encouragent l'envoi de "touristes" dans l'espace. L'ESA doit donc redéfinir sa place parmi tous ces gourmands.

Mais que veut l'Europe?

Josef Aschbacher souhaite, avant la réunion ministérielle de l'ESA prévue fin 2022, un débat sur les ambitions et priorités de l'Europe pour l'espace. Il ne veut plus que ça patine. Les dépenses publiques américaines dans l'espace s'élevaient, en 2019, à environ 40 milliards d'euros: quatre fois plus que l'Europe. La mission ExoMars, par exemple, a été repoussée de deux ans, objectif 2022. L'Union doit donc "sérieusement réfléchir où elle veut se trouver d'ici 10 à 15 ans", a lancé le nouveau boss il y a quelques jours lors d'une conférence de presse présentant son programme. En gros, il veut que les décideurs européens... décident.

"L'Union européenne sérieusement doit réfléchir où elle veut se trouver d'ici 10 à 15 ans."
Josef Aschbacher
Directeur général de l'Agence spatiale européenne

Sa priorité, c'est de resserrer les liens entre l'UE et l'agence, qui obéit à 22 États membres européens, dont trois (Norvège, Royaume-Uni, Suisse) ne font pas partie de l'Union. Pour cela, il faut réfléchir aux besoins et priorités. L'Europe doit-elle toujours faire la course contre les géants de l'espace, avec de gros projets, ou plutôt la jouer petit bras? Faut-il encore organiser des missions vers la Lune et Mars? Quelle place pour les programmes plus proches des citoyens, centrés sur l'observation de la planète ou les télécommunications?

Avancer et engager

La deuxième priorité du nouveau directeur, c'est le développement d'un secteur commercial européen, avec une mobilisation du privé.

Le nouveau directeur de l'ESA veut avant tout resserrer les liens entre l'UE et l'agence spatiale.

Ses troisième et quatrième priorités portent sur les programmes liés aux questions de sécurité et de défense de l'UE. Aschbacher veut une mise à plat du programme autour de la constellation de satellites devant fournir à l'Europe un réseau de communication internet indépendant et sécurisé.

Le nouveau directeur compte aussi simplifier les procédures de fonctionnement interne et de relation avec les États membres. Et il compte bien recruter de nouvelles expertises...

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés