L'Europe doute toujours du budget belge

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Les chiffres sont clairs: le budget belge ne respecte pas la trajectoire qu'il est supposé suivre. Reste à savoir ce que la Commission en fera - et ça, c'est une décision plus politique que technique. Réponse, le 21 novembre voire au printemps 2019 alors que l'exécutif européen s'attend à un ralentissement de la croissance sur l'ensemble de la zone euro.

La bonne nouvelle, c'est que la Commission européenne est plus optimiste pour la Belgique que le Bureau du plan, la Banque nationale ou encore le FMI. Ces trois organismes tablaient ces derniers mois sur un déficit budgétaire tournant autour des 8 milliards d'euros. Soit beaucoup plus que les 5 milliards escomptés ce jeudi par l'exécutif européen dans ses prévisions d'automne. Ce chiffre se rapproche de l'objectif émis par le gouvernement Michel, à savoir un déficit de 1% ou 4,5 milliards d'euros. 

Mais, avec la prévision européenne d'un déficit budgétaire de 1,1% pour notre pays, la Belgique se situe toujours au rang des mauvais élèves européens. Seules l'Espagne, l'Italie et la France présentent un déficit plus important encore. A l'inverse, nos voisins allemands et néerlandais sont en boni de plus de 1%. 

Toutefois, selon les prévisions automnales de la Commission, la dette publique belge devrait passer sous la barre des 100% l'an prochain (99,8%) puis à 98,7% en 2020, venant de 107,6% en 2014. Le déficit structurel, lui, devrait atteindre l'an prochain son niveau le plus bas depuis quatre ans (-1,3% du PIB), avant de repartir à la hausse en 2020 (-1,7%). Et ce alors que le gouvernement fédéral a de son côté fixé 2020 comme année du retour à l'équilibre budgétaire. Mais la Commission se base sur des projections à politique inchangée. Pour le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA), ces prévisions sont encourageantes. "La Commission européenne confirme que le déficit budgétaire est moindre que prévu. Venant d'un déficit de 3%, les deux tiers du chemin ont été parcourus", souligne-t-il dans un communiqué.

A côté de cela, la croissance noir-jaune-rouge stagnerait à 1,5% cette année et la suivante, avant un tassement à 1,4% en 2020, soit sous la moyenne européenne. "L'assainissement pèse sur la croissance, parce que les dépenses publiques font aussi partie du PIB", justifie le ministre Van Overtveldt, pour qui le gouvernement réalise aujourd'hui "ce qui aurait dû être fait il y a dix ans". Et à long terme, "nous en récolterons les fruits", augure-t-il.  Le ministre justifie aussi la différence de croissance avec celle de la zone euro par le fait que les autres pays ont davantage souffert de la crise que la Belgique, et connaissent de ce fait aujourd'hui une croissance plus forte.        

Les prévisions italiennes peu crédibles

Pour l'ensemble de la zone euro, la Commission européenne s'attend à un ralentissement de la croissance dans les prochaines années et souligne que ses projections sont exposées à de nombreux risques baissiers. L'exécutif communautaire a en revanche légèrement relevé ses prévisions d'inflation pour cette année et l'année prochaine, mais la hausse des prix ralentirait à nouveau en 2020.

La Commission européenne a confirmé sa prévision d'une croissance de 2,1% cette année au sein de la zone euro mais ne table plus que sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,9% en 2019 contre 2,0% en juillet. Pour 2020, la Commission prévoit une poursuite du ralentissement de la croissance à 1,7%.

Concernant les deux principales économies de l'UE, l'Allemagne et la France, l'équipe Juncker a abaissé un peu plus nettement ses prévisions pour la première que pour la seconde. → La prévision de croissance du PIB allemand a été abaissée à 1,7% pour cette année et 1,8% pour 2019 contre 1,9% pour les deux années en juillet
→ Pour la France, la prévision de croissance pour 2018 a été confirmée à 1,7% et abaissé à 1,6% pour 2019 contre 1,7%

Concernant l'Italie, dont la Commission européenne a rejeté le projet de budget 2019 prévoyant un déficit public à 2,4% du PIB, la prévision de croissance pour cette année a été ramenée à 1,1% contre 1,3% en juillet. Celle pour l'année prochaine a été légèrement relevée à 1,2% contre 1,1%. Pour 2020, l'Europe s'attend à une croissance du PIB italien de 1,3%.  Ses prévisions sont sensiblement inférieures à celles retenues par le gouvernement italien qui table sur une croissance de 1,5% l'année prochaine et de 1,6% en 2020. 

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