L'Europe épingle la politique budgétaire belge

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni

Dans un rapport sur les politiques économiques menées en Europe, publié ce mercredi, la Commission européenne pointe la Belgique pour son manque de coordination des politiques budgétaires des différents niveaux de pouvoir. L'Europe constate aussi une augmentation des déficits publics en Belgique.

La Belgique n'a fait aucun progrès dans la coordination des politiques budgétaires des différents niveaux de pouvoir. C'est ce qui ressort du Semestre européen publié ce mercredi par la Commission européenne, un document analysant les politiques économiques et budgétaires des États membres de l'UE.

L'exécutif européen épingle les insuffisances de la politique budgétaire belge. Cette carence avait déjà été identifiée en 2019, mais aucun progrès n'a été réalisé depuis lors. 

La Commission pointe aussi le manque de suivi de la réforme des pensions. La Belgique est également invitée à corriger les inadéquations de compétences sur le marché du travail. 

Le Semestre européen préconise des réformes à suivre pour chacun des États membres. Les chefs d'État ou de gouvernement sont appelés à valider ses conclusions en mars prochain. Ils devront ensuite en tenir compte dans l'élaboration de leurs politiques. 

Augmentation des déficits publics

"La réduction des niveaux d'endettement public et privé se déroule à un rythme inégal, et bien que les déficits des comptes courants aient corrigé, les excédents importants restent préoccupants"
Paolo Gentiloni
Commissaire européen aux Affaires économiques

L'analyse macro-économique pour l'ensemble de l'Union européenne est plutôt pessimiste. Les déficits publics des États européens ont, en moyenne, recommencé à augmenter, constate la Commission européenne. La tendance à la baisse des dernières années s'est inversée.

"La réduction des niveaux d'endettement public et privé se déroule à un rythme inégal, et bien que les déficits des comptes courants aient corrigé, les excédents importants restent préoccupants", estime Paolo Gentiloni, le commissaire européen aux Affaires économiques.

Le rapport fait état de déséquilibres dans neuf États européens (Allemagne, Irlande, Espagne, Pays-Bas, France, Croatie, Portugal, Roumanie et Suède) et des déséquilibres excessifs dans trois pays (Grèce, Italie et Chypre). La Bulgarie, identifiée avec des déséquilibres l'année dernière, a réalisé des progrès suffisants dans les résultats économiques.

La Commission européenne reconnaît qu'un certain nombre de progrès ont été réalisés grâce aux réformes en cours et à l'amélioration des conditions économiques. Mais "malgré ces progrès, le niveau de la dette privée, publique et extérieure, resté élevé".

Coronavirus

"Le coronavirus est le nouveau risque baissier, il aura un impact"
Paolo Gentiloni

La Commission européenne estime que l'épidémie de coronavirus aura un impact sur la croissance européenne. "Le coronavirus est le nouveau risque baissier, il aura un impact", dit le commissaire Gentiloni. Prudent, il se refuse toutefois de faire des prévisions chiffrées. "La seule certitude que nous avons c'est qu'il aura un impact sur l'économie", affirme-t-il.

L'Italie a demandé de bénéficier d'un assouplissement des règles budgétaires liées au pacte de stabilité. Sans se prononcer, le commissaire Gentiloni entrouvre la porte. "Il existe des clauses de flexibilité dans le pacte de stabilité, il faudra en parler", dit-il, rappelant que cette flexibilité avait été octroyée lors du tremblement de terre en Italie. 

Urgence climatique

Pour la première fois depuis la création de cet exercice en 2011, l'Europe intègre l'urgence climatique dans son analyse.

Plus précisément, la Commission européenne fait des recommandations État par État pour l'allocation du Fonds de transition juste, une enveloppe de 7,5 milliards d'euros (68 millions pour la Belgique) destinée à financer des projets pour lutter contre le changement climatique et soutenir les régions les plus touchées par la transition écologique. Pour la Belgique, elle désigne le sud du Hainaut et une partie du Limbourg.

"Nous voulons donner plus de poids à la transition écologique, mais cela prendra du temps"
Paolo Gentiloni
Commissaire européen aux Affaires économiques

La Commission inclut dans son analyse la pertinence des politiques des États européens par rapport aux objectifs de développement durable fixés par l'ONU. Mais elle reconnaît que l'exercice n'est pas encore comparable aux recommandations budgétaires. "Nous voulons donner plus de poids à la transition écologique, mais cela prendra du temps", résume Paolo Gentiloni.

Les inégalités des genres persistent

Dans le volet social du rapport, la Commission estime que "l'emploi continue d'augmenter", mais "à un rythme plus lent que les années précédentes". Les inégalités entre les hommes et les femmes persistent en termes de taux d’emploi et de salaire, regrette l'exécutif européen. "Nous voulons nous concentrer sur la situation des femmes, c'est une priorité", précise Nicolas Schmit, le commissaire chargé de l'Emploi. 

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