L’Europe tente d’éviter une "génération confinement" perdue

Un étudiant en formation professionnelle. ©BELGAIMAGE

La Commission renforce le soutien aux moins de 25 ans et espère éviter que le scénario de la "génération perdue" de la crise financière ne se répète.

Après avoir subi le confinement à la fleur de l’âge, les jeunes risquent dans les mois et années à venir de voir la crise du Covid-19 leur fermer les portes de l’emploi. Si l’Europe est parvenue mieux que d’autres régions – que les États-Unis notamment – à éviter une explosion du nombre de chômeurs, c’est grâce à l’activation de systèmes de protection des salariés qui ne s’appliquent fatalement pas à ceux qui n’ont pas encore d’emploi ou dont la situation professionnelle est précaire. À l’échelle européenne, le chômage des jeunes augmente ainsi deux fois plus vite que le chômage en général. Le taux de chômage est à environ 7%, le chômage des jeunes atteint déjà 15%. Au plus fort de la dernière crise, en 2012, il était monté à 25% et jusqu'à 50% dans certains pays.

Après cette "génération perdue" de la crise financière, "il y a un risque que les jeunes soient aussi les victimes de cette crise et qu'on aboutisse à une génération perdue ou "génération lockdown"", a souligné mercredi le commissaire à l’Emploi Nicolas Schmit, qui présentait un paquet de propositions pour l'éviter.

22 milliards
D'Aide à l'emploi des jeunes
La Commission veut mobiliser pour les années à venir au moins autant d'argent à l'emploi des jeunes qu'après la crise financière: 22 milliards.

L’exécutif européen mise notamment sur un renforcement de la "garantie jeunesse", par laquelle il aide les États membres à fournir à tout jeune de 25 ans ou moins qui en fait la demande soit une offre d’emploi, soit un projet d’éducation soit une offre de formation et cela dans les quatre mois qui suivent sa demande.

L’outil avait fait l’objet en 2017 de critiques acerbes de la Cour des comptes de l’Union, selon laquelle il "échouait à répondre aux attentes initiales", constatant qu'aucun des pays dans lesquels elle avait étudié son application n'étaient parvenus à assurer à tous les jeunes "neets" (sans emploi, éducation ou formation) l'opportunité de signer une offre dans le délai prévu.

Depuis, assure Nicolas Schmit, "presque tous les États membres" disposent de cette garantie jeunesse et quelque 24 millions de jeunes européens ont bénéficié de ce programme. Sa nouvelle version est en outre "plus efficace", prévoyant un suivi plus individualisé et une meilleur prise en charge des catégories les plus vulnérables, notamment des minorités ethniques, a assuré le commissaire luxembourgeois.

En s'appuyant sur le plan de relance de 750 milliards d'euros proposé en mai, la Commission entend par ailleurs renforcer l'offre de formation professionnelle, notamment en soutenant les entreprises touchées par la crise, à financer l'accueil d'apprentis. Au total, l'ambition est d'augmenter le niveau de soutien dédié à l'emploi des jeunes par rapport à la période de financement en cours (2014-2020), estimé à 22 milliards d'euros.

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