Publicité

L'Italie mise sur un plan à 248 milliards pour se relancer

En Italie, Mario Draghi a détaillé au Parlement un plan de relance "historique". ©REUTERS

Le chef du gouvernement italien Mario Draghi a présenté son plan de relance qui met selon lui en jeu "la crédibilité" du pays. Il a exhorté les députés à s’élever au-dessus des divisions et des intérêts partisans.

Fidèle à lui-même, Mario Draghi est apparu sobre et solennel à la fois. Dans son allocution prononcée lundi au Parlement pour présenter les grandes lignes du plan de relance de 248 milliards d’euros, financé à hauteur de 191 milliards par l’Union européenne et destiné à redresser l’économie exsangue de la Péninsule, le président du Conseil a voulu se concentrer sur l’essentiel. Il a ainsi soigneusement évité d’évoquer toute l’anxiété et les innombrables aspérités qui ont ponctué l’élaboration, en un temps record, de ce plan d’investissement historique. Ce dernier sera envoyé, dans le respect des engagements pris avec Bruxelles, avant la fin de cette semaine.

«Je suis convaincu que l’honnêteté, l’intelligence et l’amour pour l’avenir l’emporteront sur la corruption, la stupidité et les intérêts établis.»
Mario Draghi
Président du conseil italien

Un véritable miracle, fruit d’un marathon de concertations frénétiques et d’âpres discussions, entrepris malgré les deux mois de retard accumulés en raison de la chute du gouvernement Conte. Or, ce programme – «auquel le destin de l’Italie est étroitement lié», comme a voulu le souligner Draghi – a été profondément remanié dans son contenu et sa forme. «Je suis convaincu que nous réussirons à mettre en œuvre ce plan, et que l’honnêteté, l’intelligence et l’amour pour l’avenir l’emporteront sur la corruption, la stupidité et les intérêts établis», a-t-il précisé.

Six grandes priorités

Ambitieuse, mais surtout «crédible et réalisable», la stratégie présentée au Parlement s’articule autour de six grandes priorités: la digitalisation de la Péninsule, notamment de ses services publics et d’un système productif national mis à genoux l’année dernière par une chute du PIB de l’ordre de 8,9%;  une transition écologique à laquelle seront affectés jusqu’à 68 milliards d’euros; la relance des infrastructures nationales notamment du réseau ferroviaire à grande vitesse; le renouvellement du système éducatif; la cohésion sociale et la réduction des inégalités, en particulier entre les sexes et les générations; enfin, la modernisation d’un système sanitaire qui a douloureusement montré ses limites face à la violence de la pandémie.

68
68 milliards d'euros seront affectés à la transition écologique.

Un vaste programme qui présente une laborieuse synthèse des visions des partis constituant l’hétérogène coalition au pouvoir, et conçu en suivant les orientations fixées par Bruxelles. Le feu vert européen s’est pourtant fait attendre. C’est seulement après des semaines de difficiles pourparlers, de conversations téléphoniques et de visioconférences que Rome a su apaiser les craintes de la Commission européenne, présenter un calendrier de mise en œuvre considéré comme viable, et offrir des précisions rassurantes sur des volets d’action névralgiques, comme la lutte contre le travail au noir ou la réforme du système judiciaire.

Double mission

En demandant fermement «du respect pour l’Italie», Draghi, au cours d’une récente conversation téléphonique avec Ursula von der Leyen, s’est ainsi porté garant de l’effort de relance national et a pu déjouer, en dernière instance, les préjugés sur les limites structurelles italiennes. Des mots, mais aussi des gestes concrets. L'exécutif italien, depuis l’arrivée de l’ancien président de la BCE, a préparé une trentaine d’interventions réglementaires qui permettront aux institutions d’investir avec rigueur les fonds européens. Perçu comme une espérance et un pari existentiel, ce plan de sauvetage devra répondre à une double mission: sortir l’Italie de sa pire récession depuis la fin du second conflit mondial, et garantir «sa crédibilité comme pays fondateur de l’UE et protagoniste du monde occidental».

Le résumé

  • Mario Draghi a présenté son nouveau plan de relance en Italie.
  • Sur les 248 milliards prévus, 191 milliards seront financés par l'UE.
  • Le président du Conseil juge son plan "crédible et réalisable".
  • Le plan s'articule autour de six grands thèmes dont la refonte du système des soins de santé et la transition écologique.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés