Publicité

L'Italie refuse de plier face à Bruxelles

©Bloomberg

A quelques heures du délai, l'Italie affirme qu'elle présentera un budget 2019 inchangé à l'Europe... au risque de s'exposer à des sanctions.

L'Italie n'a plus que quelques heures pour revoir sa copie et présenter un budget 2019 modifié à l'Europe. La coalition populiste italienne a toutefois d'ores et déjà annoncé qu'elle refusait de plier face à la Commission européenne. La copie présentée ne devrait donc contenir aucune modification, quitte à s'exposer à des risques de sanctions financières; des sanctions certes assez hypothétiques.

Les discussions se sont multipliées entre Giovanni Tria (dr), ministre italien des Finances et le Commissaire européen, Pierre Moscovici. ©AFP

La ligne de défense italienne: ce budget anti-austérité va relancer la croissance exsangue, qui elle-même va permettre de réduire le déficit public et la dette.

Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a reçu lundi matin ses deux vice-Premiers ministres, Matteo Salvini (Ligue) et Luigi Di Maio (M5S). Une nouvelle réunion du conseil des ministres est prévue à 20 heures alors que le deadline européen est fixé à minuit.

Les autorités européennes, soutenues par l'ensemble de la zone euro, restent en effet sourdes aux arguments italiens. Elles fustigent ce budget qui prévoit un déficit à 2,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2019 et à 2,1% en 2020. Le 23 octobre, elles avaient donc rejeté ce projet; une première dans l'histoire de l'Union européenne.

La position de la Commission

La Commission ne croit pas que Rome respectera ce seuil. Selon elle, les mesures prévues dans le budget risquent de pousser le déficit à 2,9% l'an prochain et à 3,1% en 2020. Elle table par ailleurs sur une croissance de 1,2%, alors que Rome prévoit 1,5%.

Ces derniers jours, le ministre italien de l'Économie, Giovanni Tria, a accusé Bruxelles de "défaillance technique" dans ses calculs. Alors que le précédent gouvernement de centre gauche s'était engagé à réduire le déficit à 0,8% du PIB en 2019, Giovanni Tria juge ce plafond comme un "suicide" alors que la croissance italienne est la plus faible des pays de la zone euro.

Il a rappelé que le gouvernement était prêt à prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que le déficit ne dépasse pas le seuil de 2,4%.

Giuseppe Conte considère, lui, les prévisions de la Commission comme "sous-évaluant l'impact positif" du budget et des réformes: "le déficit diminuera avec la croissance et ceci permettra de baisser le ratio dette/PIB à 130% l'an prochain et jusqu'à 126,7% en 2021."

2.300 milliards d'euros de dettes

L'UE et les marchés s'inquiètent. L'Italie ploie sous une immense dette publique: 2.300 milliards d'euros. Cela représente quelque 131% de son PIB, le deuxième ratio de la zone euro derrière la Grèce.

Pour le président du Parlement européen, Antonio Tajani, une procédure d'infraction est "inévitable".

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a cependant multiplié les appels au dialogue, espérant arriver à "un compromis". Mais Matteo Salvini, patron de la Ligue, n'en a cure. Il a appelé à manifester le 8 décembre à Rome pour dire "pacifiquement" aux "messieurs de Bruxelles: laissez-nous travailler, vivre et respirer".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés