L'OCDE enjoint aux États de prolonger leur soutien à l'économie en 2021

Laurence Boone, la cheffe économiste de l'OCDE. ©AFP

La récession mondiale devrait être moins sévère que prévu en 2020 grâce à la réaction "rapide et conséquente" des États, a estimé mercredi l'OCDE, qui enjoint aux gouvernements de prolonger leurs plans de soutien en 2021, au moment où la reprise plafonne.

"Moins de consommation, moins d'investissement, moins de production, moins d'échanges commerciaux, moins d'emploi": c'est ainsi que Laurence Boone, la chef économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a résumé la situation économique mondiale.

Les chiffres donnent le tournis: entre la fin 2019 et la fin 2021, l'économie mondiale pourrait avoir perdu 7.000 milliards de dollars, "soit le PIB cumulé de l'Allemagne et de la France". Une chose est sûre: "le niveau d'incertitude demeure extrêmement élevé" et le Covid-19 "va nous accompagner dans les 12 à 18 mois qui viennent".

"La politique, ça compte"

En dépit de ce tableau noir, la leçon à tirer de cette crise est que "la politique, ça compte", et que "les gouvernements ont encore beaucoup de marge d'action", a ajouté Laurence Boone, en présentant les perspectives économiques intermédiaires de l'OCDE.

Par rapport à juin, l'organisation basée à Paris se montre moins catastrophiste pour 2020, notamment "grâce aux résultats meilleurs que prévu enregistrés en Chine et aux États-Unis au premier semestre". Elle table ainsi sur un recul de 4,5% du PIB mondial, contre une récession de 6% en juin.

7.000
milliards $
Entre la fin 2019 et la fin 2021, l'économie mondiale pourrait avoir perdu 7.000 milliards de dollars.

Un chiffre qui masque des "différences considérables" selon les pays, entre l'Inde dont le PIB devrait plonger de 10,2% et la Chine qui devrait être la seule économie du panel à afficher une croissance cette année, de 1,8%. L'autre bonne surprise vient des États-Unis, qui devraient faire mieux que la moyenne mondiale avec un recul du PIB estimé à 3,8% en 2020. L'Allemagne (-5,4%) devrait, elle, faire mieux que la zone euro (-7,9%). En revanche, la France (-9,5%), l'Italie (-10,5%) et le Royaume-Uni (-10,1%) devraient accuser fortement le coup.

Pour 2021, l'OCDE se montre un peu moins optimiste, tablant sur un rebond de 5% en 2021 (contre +5,2% anticipé en juin). En effet, "le rythme de la reprise mondiale a perdu de son élan au cours des mois d'été, en particulier dans les économies les plus avancées", constate-t-elle. Surtout, "clé de la reprise", la confiance demeure "faible", déplore la chef économiste.

Aussi, "ne répétez pas les erreurs de 2008, n'interrompez pas votre soutien budgétaire trop tôt", a-t-elle dit à l'adresse des gouvernants. Enfin, "cette crise offre une opportunité de changer" de modèle de croissance. Or, pour l'instant, "les ambitions sont très élevées mais les engagements concrets trop rares" en matière de transition écologique, a-t-elle pointé du doigt.

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