L'UE post-Brexit "coûterait" 800 millions de plus à la Belgique

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Alors que les négociations font rage sur le prochain cadre budgétaire européen, la Commission publie l’augmentation de la contribution qu’elle attend de chaque État membre.

Dans un climat délétère sur le montant présumé que tel ou tel État membre aurait à débourser pour l’Europe dans les prochaines années, la Commission a tenté de calmer les esprits en jouant chiffres sur table, mardi. Suite à sa proposition de cadre financier pluriannuel (CFP), qui doit baliser les budgets de 2021 à 2027, elle détaille ce que le budget de l’après-Brexit signifierait pour chaque État membre. En termes de contributions, mais également de retour sur investissement.

Comme attendu, la participation de la Belgique au pot commun européen devrait augmenter en termes absolus. Selon le budget et la clé de répartition proposés par la Commission, elle devrait payer 520 millions d’euros par an en plus au budget européen. Un montant brut, qui ne tient pas compte des subsides que les Belges pourraient obtenir de l’Union.

L’augmentation est le résultat du départ du grand contributeur qu’est le Royaume-Uni et de la volonté de la Commission de maintenir les finances communes à flot pour investir dans de nouvelles priorités. En termes relatifs, la contribution belge représenterait 0,91% de son revenu national brut, ce qui serait quasiment équivalent à la moyenne européenne (0,90%). La contribution budgétaire belge passerait ainsi à 4,36 milliards d’euros par an (en prix de 2018).

"I want my money back"

L’appar-tenance au marché unique dope le revenu national brut belge de plus de 10%.

Ce chiffre ne donne pas une image complète du coût additionnel qu’aurait pour la Belgique le prochain budget. Le principal point défensif des Belges porte sur le montant que les douanes reversent automatiquement au budget de l’Union: les taxes aux frontières sont en effet une "ressource propre" de la communauté. Jusqu’ici, la Belgique peut cependant en garder 20% en poche – de quoi notamment assurer le fonctionnement des douanes. Mais dans sa proposition de budget, la Commission européenne propose de faire tomber cette ressource à 10%. Alors qu’en pérennisant le régime actuel la Belgique aurait pu compter sur 562 millions d’euros pour couvrir les coûts de prélèvement, elle n’en garderait selon la proposition du commissaire au Budget Günther Oettinger que la moitié. En tenant compte de ce manque à gagner, le "coût" de l’Europe augmenterait donc d’environ 800 millions d’euros par an pour la Belgique. Une estimation à relativiser cependant: sans le marché unique, le port d’Anvers ne serait probablement pas le point d’entrée qu’il est devenu.

Dans une tentative de mise en sourdine du couplet "I want my money back" qui empoisonne les négociations sur le budget de l’Union européenne, la Commission européenne a par ailleurs diffusé des estimations chiffrées de ce que représente économiquement le marché commun pour chaque État.

L’appartenance au marché unique dope le revenu national brut belge de plus de 10%, soit deux fois la moyenne européenne.

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