La Banque d'Angleterre relève ses taux pour la première fois en 10 ans

La Bank of England, dans la City à Londres ©REUTERS

La Banque d'Angleterre a comme prévu relevé son taux directeur ce jeudi, pour la première fois en plus de dix ans, afin de tenter de contrer l'accélération de l'inflation au Royaume-Uni dans un contexte d'incertitudes élevées lié au Brexit.

La Banque d'Angleterre a relevé ses taux d'intérêt de 0,25% à 0,50%. C'est son premier tour de vis monétaire en dix ans.

Dans la foulée, la livre sterling est repartie à la hausse face au dollar.

Le taux directeur de la BoE avait été abaissé en août 2016 au niveau historiquement bas de 0,25%, afin de tenter de protéger l'économie du Royaume-Uni des effets négatifs de la décision prise un peu plus d'un mois auparavant par les Britanniques de sortir de l'Union européenne.

La BoE n'avait pas procédé à une hausse de taux depuis l'été 2007, quand ils avaient atteint 5,75%, une décision déjà prise à l'époque pour lutter contre une inflation supérieure au niveau cible de 2%.

Pourquoi changer?

1. La hausse des prix à la consommation a accéléré en septembre 2017 pour atteindre 3% sur un an, niveau qu'elle n'avait plus connu depuis avril 2012. La BoE pourrait même relever ses prévisions à court terme pour la hausse des prix, dans le rapport trimestriel sur l'inflation et la croissance qui sera publié en même temps que la décision sur les taux jeudi.

2. Pour Neil Wilson, analyste chez ETX Capital, "novembre est le moment idéal pour relever les taux afin de laisser des munitions au CPM pour assouplir de nouveau (sa politique monétaire) au cas où l'économie viendrait à connaître une nouvelle baisse de régime".

Quelles sont les inquiétudes suscitées par le Brexit?

Jusqu'à présent, les négociations entre Londres et Bruxelles n'ont pas permis de clarifier leurs relations futures. Pour le moment, l'économie britannique a relativement bien résisté aux inquiétudes provoquées par le Brexit du fait des incertitudes entourant la future relation économique entre le Royaume-Uni et l'UE après le départ de Londres, prévu pour la fin mars 2019. La croissance a même été un peu meilleure qu'attendu au troisième trimestre, à 0,4% d'un trimestre sur l'autre, donnant un peu de marge de manoeuvre à la BoE. Malgré cette légère reprise de l'activité, les analystes de BlackRock estiment que "la fragilité de l'économie va être un frein" à une poursuite du resserrement monétaire après la hausse attendue en novembre.

La BoE a revu ce jeudi en baisse sa prévision de croissance pour 2017 à 1,6% (contre 1,7% précédemment). Elle maintient ses estimations pour 2018 et 2019 à respectivement 1,6% et 1,7%. Elle a par ailleurs fourni une première prévision pour 2020 à 1,7%.

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