"La BCE a encore besoin de temps" pour passer à l'acte (Mario Draghi)

Mario Draghi, président de la BCE ©EPA

Comme prévu, la Banque centrale européenne n'a pas touché à ses taux directeurs. Pour le président Mario Draghi, la BCE est encore préoccupée par les "risques" pesant sur l'économie en zone euro. Les précisions sur d'éventuelles mesures de soutien aux banques seront communiquées lors des prochaines réunions de la BCE.

Work in progress. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), s’est présenté les mains vides à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs. Car il n’y a eu ni discussion sur les conditions des nouvelles opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO), ni discussion sur des mesures palliatives aux éventuels effets secondaires d’un taux de dépôt négatif.

"Là maintenant, il est trop tôt pour décider (…) Nous avons besoin d’informations supplémentaires qui nous parviendront entre aujourd’hui et juin"
Mario Draghi
président de la BCE

Et d’ajouter: "Il y a eu consensus sur la nécessité de continuer à analyser" la situation.

La BCE s’est contentée de réitérer son intention de maintenir ses taux directeurs sur les niveaux actuels au moins jusque fin 2019, et aussi longtemps que nécessaire. Elle a également confirmé qu'elle réinvestirait "aussi longtemps qu'il le faudra" son stock pléthorique de 2.600 milliards d'euros d'obligations acquises depuis mars 2015, et ce bien après le premier relèvement de ses taux.

La BCE "coincée" dans un contexte particulier

Pour Bernard Keppenne, chef économiste de CBC Banque, la banque centrale n’a pas pris de décision cette fois-ci parce qu’elle était "coincée" par deux rendez-vous politiques importants:

  • le conseil européen extraordinaire sur le Brexit qui a eu lieu ce mercredi
  • les élections européennes qui se dérouleront fin mai

"La BCE ne pouvait pas prendre le risque d’annoncer quelque chose avant de tels événements qui pourraient tout chambouler", affirme l’économiste.

Il rappelle par ailleurs que l’institution monétaire a dû revoir son scénario entre sa réunion de décembre et celle de mars. "Elle est encore dans une phase de surprise et a besoin de recul" pour savoir avec certitude quel outil monétaire utiliser.

Rendez-vous en juin

"La BCE semble avoir besoin de plus de temps", confirme de son côté Carsten Brzeski, chef économiste d’ING Allemagne. Il s’attend à ce que la banque centrale donne des précisions sur les TLTRO après sa réunion de juin.

"La BCE va utiliser la pause printanière (Spring break) pour retourner à l’étude"
Carsten Brzeski
chef économiste d'ING Allemagne

Pour lui, un système de compensation partielle des taux négatifs pour les banques (dit "tiering") représenterait ainsi "le dernier recours, préparant les bases d'un nouvel assouplissement monétaire" que la BCE "espère toujours éviter".

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect