La BCE constate une "modération" dans la croissance en zone euro

Mario Draghi, le président de la BCE. ©BELGAIMAGE

Comme anticipé par le marché, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés à l'issue de sa réunion.

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi ses taux directeurs au plus bas et confirmé son vaste programme de rachats de dettes au moins jusqu'en septembre, sans livrer d'indices sur la date de son abandon.

Le principal taux de refinancement a été maintenu jeudi à zéro tandis que les banques vont continuer à payer auprès de la BCE un intérêt négatif de 0,40% pour les liquidités dont elles n'ont pas l'utilité immédiate. "Le taux de change s'est stabilisé et la récente volatilité est moindre, aussi cela n'a pas été débattu," explique ainsi Mario Draghi, le président de la BCE

La BCE va par ailleurs poursuivre ses rachats nets de dettes publiques et privées, baptisés "QE" ("quantitative easing"), à un rythme de 30 milliards d'euros mensuels jusqu'en septembre, voire au-delà si nécessaire.

L'institution de Francfort a confirmé qu'elle n'augmenterait ses taux, ce qu'elle n'a plus fait depuis 2011, que "bien après" l'abandon du QE, une séquence désormais connue dont tout le monde guette le calendrier exact.

Modération de la croissance

Lors de sa conférence de presse, Mario Draghi s'est dit confiant quant à ce que l'inflation converge vers l'objectif proche de mais inférieur à 2%. La BCE constate toutefois une "certaine modération" dans l'économie en zone euro après "plusieurs trimestres de croissance plus élevée que prévu", a indiqué à la presse jeudi son président Mario Draghi. Même s'il juge la conjoncture actuelle "cohérente avec une expansion large et solide", cette déclaration marque un ton un peu moins optimiste qu'auparavant sur la situation économique, juste après une série d'indicateurs décevants publiés en avril. Jusqu'en mars, la BCE n'avait pas cessé de réviser à la hausse ses projections de croissance.

"Il est clair que depuis la dernière réunion, quasiment tous les pays ont expérimenté, à des degrés divers, une modération ou perte de dynamique dans la croissance", a-t-il insisté. "L'inflation évoluera sans doute autour de 1,5% pour le restant de l'année, a-t-il indiqué, tandis que l'inflation de fond n'augmentera que progressivement".

"Menaces protectionnistes"

Mario Draghi s'est par ailleurs inquiété jeudi d'une aggravation des "menaces protectionnistes" sur l'économie mondiale, alors que les États-Unis pourraient imposer dans les prochains jours des taxes douanières à l'Europe."Les risques liés à des facteurs de nature mondiale, incluant les menaces d'une aggravation du protectionnisme, sont devenus plus importants", a déclaré le président de la BCE.
Le gouvernement allemand a justement fait savoir dans la matinée qu'il s'attendait à ce que le président américain Donald Trump impose ses taxes douanières sur l'acier et l'aluminium européens à compter du 1er mai, au lieu de renouveler l'exemption actuelle. Réponse américaine: Il y aura prolongation si l'Europe fait des concessions!

En mars dernier, le gouverneur se montrait déjà préoccupé par les relations internationales. "Les tensions commerciales relèvent pour l'heure largement de la rhétorique, mais il reste à voir ce que cela va produire et surtout "l'étendue des représailles." Il ajoute: "ce qui est certain, c'est que ces événements ont un effet profond et rapide sur la confiance des milieux économiques et sont susceptibles d'affecter à son tour les perspectives de croissance."

Retrouvez ici la conférence de presse de Mario Draghi.

Conférence de presse de la BCE

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