La Belgique menace la stabilité financière européenne

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La Belgique, comme l'Italie et l'Espagne, fait partie des élèves à problème de l’Europe, selon les risques liés à la crise de la dette, tels que calculés par le FMI.

La frontière était encore floue. Aujourd’hui, le Fonds monétaire international affine le trait: la Belgique fait partie des enfants à problème de l’Europe. Dans son calcul sur les risques liés à la crise de la dette, notre pays est cité au même niveau que l’Espagne et l’Italie.

Dans le détail, le Rapport sur la stabilité financière mondiale du FMI égrène les problèmes qui pourrissent la vie des banques. Selon son calcul, "l’épicentre du risque souverain est la Grèce, qui génère la première des quatre vagues de débordement sur les banques européennes".

Sur la Grèce, le FMI estime que le risque sur les banques européennes s’est accru de 56 milliards d’euros. Le deuxième front concerne le Portugal et l’Irlande pour lesquels l’institution financière pointe un risque de 24 milliards d’euros. La Belgique fait partie de la troisième vague avec l’Espagne et l’Italie, gonflant le risque de 124 milliards supplémentaires (dont 9 milliard pour la seule Belgique).

En outre, le prix des actifs bancaires de ces six pays "a baissé de concert avec les tensions souveraines, menant à une augmentation du risque des expositions bancaires". En bref, les banques des pays concernés entreraient plus facilement dans le cercle vicieux d’une crise de liquidités. Ce risque ajoute 100 milliards d’euros au risque global lié à la crise de la dette. En tout, le FMI parle donc de 300 milliards d’euros.

Du mauvais côté de la barrière

La technique de calcul du FMI a été savamment critiquée au début du mois suite à une fuite dans la presse. Elle se base en effet sur les cours enregistrés sur le marché des CDS, ces contrats d’assurance qui permettent à un investisseur de se couvrir contre un défaut de paiement de l’émetteur. Les dirigeants européens n’ont eu de cesse de critiquer ce marché, manipulé selon eux par les spéculateurs.

Le FMI a cette fois paré la critique: "Bien que ces chiffres soient basés sur des estimations de marchés sur les risques crédit, qui peuvent refléter un degré d’exagération, les problèmes sous-jacents qu’elles mettent en évidence sont réels."

La présence de la Belgique dans la liste des pays à problème est simple à expliquer. Son CDS est de 271 points de base (2,71%). Et le FMI a fixé la limite acceptable à 200 points de base, bien en dessous de l’Espagne (419 pb), l’Italie (513 pb) et bien sûr la Grèce (5.737 pb).

Stressez-vous vous-mêmes

En outre, le rapport se garde bien de conclure sur les besoins en capitaux des banques européennes. La directrice générale du Fonds, Christine Lagarde, avait provoqué un tollé au début du mois en estimant que les banques européennes n’étaient pas assez capitalisées.

Pour le FMI, "les tensions liées au crédit souverain dans les pays où les écarts de taux sont élevés auraient eu un impact direct estimé à quelque 200 milliards d’euros sur les banques de l’Union européenne depuis 2010, date du déclenchement de la crise de la dette publique. Cette estimation ne tient pas compte des besoins en fonds propres des établissements bancaires, ce pour quoi il faudrait procéder à une évaluation complète de leurs bilans et revenus."

Reste à la Belgique à tirer ses propres conclusions, et à faire en sorte qu’un tirage au sort hasardeux ne se transforme en véritable cauchemar.

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