La Belgique veut en finir avec "l'hypocrisie" sur la taxe Tobin

Charles Michel devant les députés de la Chambre des représentants, jeudi 18 mai. ©Photo News

Charles Michel a annoncé jeudi vouloir porter la question de la Taxe sur les transactions financières sur la table des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union.

Charles Michel veut percer l’abcès de la taxe sur les transactions financières (TTF). Les dix ministres européens des Finances qui planchent sur une coopération renforcée pour mettre en place une telle taxe doivent se réunir mardi 23 mai et tous les regards sont tournés depuis des mois vers la Belgique, présentée comme le dernier du groupe à "bloquer" l’adoption du texte. Interrogé en séance plénière de la Chambre sur l’attitude que prendrait son ministre des Finances lors de cette réunion, le Premier ministre a fait savoir que le dossier n’est pas mûr et s’en est pris à "l’hypocrisie" de ceux qui veulent faire porter aux Belges le chapeau de l’enlisement du dossier.

"Il est possible pour les pays de le faire sans nous. Pourquoi ne le font-ils pas sans nous si c’était si simple que cela?" a-t-il répondu aux députés Georges Gilkinet (Ecolo), Stéphane Crusnière (PS) et Dirk van der Maelen (sp.a) qui l’interrogeaient. Une coopération renforcée comme celle en négociation pour mettre en place la TTF peut être adoptée par neuf pays.

Un "moment de vérité"

Dans l’entourage du Premier ministre, on dénonce plus précisément l’attitude ambivalente de quelques pays, dont l’Allemagne: "Comme personne ne veut assumer un échec, c’est facile de taper sur la Belgique. Mais contrairement à eux, nous avons le même discours à la tribune et dans les couloirs", indique une source au 16, rue de la Loi. Selon elle, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a tout fait pour reporter la réunion des dix ministres de mardi.

Dans ce contexte, Charles Michel a annoncé son souhait de porter "dès que possible" le dossier sur la table du Conseil européen, qui réunit les chefs d’État et de gouvernement, pour provoquer "un moment de vérité" et forcer chacun à clarifier sa position. L’Allemagne se montre prudente sur la TTF depuis le Brexit, a souligné Charles Michel. La Slovénie et la Slovaquie se montrent également réticentes en coulisses sur cette taxe, ajoute-t-on dans l’entourage du Premier ministre. Quant à la France, elle a désormais un Président qui estimait pendant la campagne que "mettre cette taxe sur les pays de la zone euro et pas en Grande-Bretagne serait une folie".

Devant le Parlement, Charles Michel a par ailleurs indiqué vouloir "convaincre plus de pays" à rejoindre la TTF, qui vise à prélever 0,01% à 0,1% sur les transactions spéculatives.

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