La City en pleine déprime

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Le coronavirus et la finalisation du Brexit ont ébranlé la City avec une intensité comparable à celle de la crise financière de 2008. Les incertitudes restent nombreuses.

En avril 2009, un peu plus de six mois après la phase aiguë de la crise financière, Londres accueillait un G20 historique, qui allait redonner des perspectives et durablement rétablir la confiance.

Cela fait également un peu plus de six mois que la phase aiguë de la première vague du Covid-19 a mis à terre l’économie, quelques semaines après la sortie britannique de l’Union européenne et le début d’une période de transition. Mais cette fois, très peu d’incertitudes sont levées, tant au niveau du Covid-19 que du Brexit. 

Au-delà des interrogations sur l’avenir des bureaux commerciaux et des nouvelles façons de travailler derrière un écran, il n'est plus excessif de douter de la capacité de Londres à préserver son statut de capitale européenne de la finance. L’industrie financière contribue près de 100 fois plus à l’économie britannique que la pêche, mais a été reléguée dans les tréfonds des négociations commerciales post-Brexit. Les firmes ne savent toujours pas si elles pourront bénéficier des équivalences renouvelables, censées remplacer les passeports financiers qui permettaient d’opérer dans l’Union européenne tout en restant basé au Royaume-Uni. Leur sort pourrait même être réglé en dehors de l'accord commercial.

40%
Depuis 2016, 40% des firmes ont sélectionné au moins un nouveau site dans l’Union européenne pour transférer du personnel ou des activités.

Un récent rapport d’EY a confirmé que les firmes accéléraient leurs démarches pour déplacer tout ou partie de leur personnel dans d’autres centres financiers européens, Dublin, Luxembourg, Francfort et Paris dans l’ordre d’attractivité. 7.500 personnes ont quitté Londres depuis le référendum, dont 400 sur le seul dernier trimestre. Selon le Financial Services Brexit Tracker du cabinet d’audit, quelque 1.200 milliards de livres de capitaux ont déjà été transférés vers l’Union européenne. EY indique également que depuis 2016, 40% des 222 firmes suivies ont indiqué avoir retenu au moins une nouvelle place pour transférer du personnel ou des activités.

"De nombreuses firmes restent encore en mode ‘wait and see’", relève le UK Financial Services Managing Partner d’EY, Omar Ali. "Avec la possibilité d’un second pic du Covid-19 qui pourrait menacer la circulation transfrontalière dans les trois derniers mois de la période de transition, les firmes doivent s’assurer au minimum d’être opérationnelles pour continuer de servir leurs clients le 1er janvier 2021", prévient-il.

Certaines grandes banques ont déjà jeté l’éponge, comme Lloyds, Barclays et Coutts, qui ont informé leurs clients basés en Europe que leurs comptes bancaires allaient être fermés d’ici quelques semaines, ce qui a fait entrer le spectre virtuel du Brexit dans le monde sensible.

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