La Commission européenne invoque le Covid-19 pour fermer ses restaurants

La Commission européenne a annoncé que les activités de restauration au sein de ses installations ne reprendront pas avant septembre 2021. ©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Poussée par le Coronavirus, la Commission européenne a annoncé son intention de suspendre son activité de restauration. Près de 400 emplois sont en danger.

C'est une très mauvaise nouvelle qui vient d'être communiquée aux sociétés qui s'occupent du catering (les restaurants) de la Commission européenne. Dans un courrier envoyé par la responsable de l'Office pour les infrastructures et la logistique, ces sociétés (Compass et Ciano) ont appris l'annulation d'un appel d'offres pour des activités de catering, compte tenu des "événements imprévisibles et exceptionnels, indépendants de la volonté de la Commission et non-imputables à la faute ou la négligence d'une des parties".

"Aucun appel d'offres ne sera relancé avant une réflexion en profondeur sur les futurs modes de travail et de restauration au sein de notre institution".
Extrait d'un courrier de la Commission européenne

Réflexion en profondeur

Dans le même courrier, la Commission fait part de son intention de ne pas reprendre l'activité de restauration le 1er janvier 2021. Et, dit la Commission, cette activité ne reprendra pas avant le 1er septembre 2021, dans le meilleur des cas. Mais même à cette date, l'horizon des activités catering ne sera pas dégagé pour autant. "Aucun appel d'offres ne sera relancé avant une réflexion en profondeur sur les futurs modes de travail et de restauration au sein de notre institution ainsi que sur le nombre et le type de sites d'exploitation", peut-on encore lire dans le courrier.

"L'Europe va dépenser des milliards d'euros pour un plan de relance et ils licencient chez eux sous prétexte de la force majeure. C'est dramatique."
Christian Bouchat
Secrétaire régional FGTB pour l'horeca à Bruxelles

Cette annonce pourrait peser lourd pour les 400 emplois de la société qui gère le catering de la Commission eurpéenne. De source syndicale, on précise que si le Parlement européen devait suivre le mouvement, ce sont plus de mille emplois qui se retrouveraient sur la sellette.

Force majeure

Pour justifier sa décision, la Commission évoque la force majeure, ce qui lui permet de metre un terme au contrat qui la lie avec les sociétés prestataires de service, Ciano et Compass dans le cas présent.

Cette information, on s'en doute, a fait bondir les syndicats. Christian Bouchat, le secrétaire régional FGTB pour l'horeca à Bruxelles et son collègue Patrick Vanderhaegen (CSC) - qui évoluent en front commun - ont prévenu les cabinets du ministre Pierre-Yves Dermagne (Économie et Travail) et du ministre-président Rudi Vervoort. "L'Europe va dépenser des milliards d'euros pour un plan de relance et ils licencient chez eux sous prétexte de la force majeure. C'est dramatique", nous a expliqué Christian Bouchat.

D'après nos informations, un conseil d'entreprise est prévu jeudi chez Ciano, une des deux sociétés visées par le courrier de la Commission. C'est à ce moment qu'on y verra plus clair quant au sort réservé aux travailleurs des prestataires de service de la Commission.

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