La Commission veut parler à un gouvernement belge "capable d'avoir les pleins pouvoirs"

"Les prévisions de croissance de la Belgique ne sont pas en soi négatives, elles se sont même améliorées par rapport à l'automne", a résumé ce jeudi le commissaire européen à l'Économie Paolo Gentiloni.

La Commission européenne s'impatiente de ne pas voir venir un gouvernement belge de pleins pouvoirs. Au niveau de ses prévisions, elle table sur une croissance du PIB belge meilleure que prévu en 2020 et 2021, mais plus faible qu'en 2019.

La croissance du PIB belge devrait ralentir à 1,2% en 2020 et 1,1% en 2021, contre 1,4% en 2019. C'est ce qui ressort des prévisions économiques d'hiver diffusées ce jeudi par la Commission européenne.

Ces données sont meilleures que les prévisions économiques d'automne qui tablaient sur une croissance de 1% en 2020 et 2021. De plus, la croissance belge sera en ligne avec celle de la zone euro cette année. 

L'Europe s'impatiente

"Les prévisions de croissance de la Belgique ne sont pas en soi négatives, elles se sont même améliorées par rapport à l'automne", résume le commissaire européen à l'Économie Paolo Gentiloni.

Le désir de la Commission est d'installer un dialogue le plus vite possible avec un gouvernement capable d'avoir les pleins pouvoirs et un projet de budget tourné vers l'avenir.
Paolo Gentiloni
Commissaire européen à l'Économie

L'Europe commence toutefois à s'impatienter face à l'absence de gouvernement belge de plein exercice. Le commissaire italien a lancé un avertissement à la Belgique, dont le déficit budgétaire devant se creuser à 2,3% du PIB en 2020, d'après des prévisions diffusées en novembre.

"Le désir de la Commission est d'installer un dialogue le plus vite possible avec un gouvernement capable d'avoir les pleins pouvoirs et un projet de budget tourné vers l'avenir", a dit Paolo Gentiloni. "Il y a sûrement des problèmes à aborder ensemble", a-t-il ajouté. L'Europe diffusera ses prochaines prévisions budgétaires en mai.

Une croissance au ralenti

La Commission européenne prévoit "un ralentissement progressif de la croissance du PIB" belge en raison d'un affaiblissement de la croissance des investissements privés et d'une évolution du commerce international moins importante que prévu. La situation du commerce mondial continue à peser sur les exportations belges. Par ailleurs, les investissements immobiliers en Belgique devraient croître dans une moindre mesure, alors que les ménages avaient investi massivement dans ce secteur en 2019.

+1,2%
de croissance
La croissance du PIB belge devrait ressortir à +1,2% en 2020, en ligne par rapport à celle de la zone euro.

Les prévisions d'hiver sont meilleures que celles de l'automne dernier grâce, en autres, au soutien de la consommation des ménages. "Certains indicateurs montrent des développements positifs en janvier 2020", indique une source de la Commission.

Le Bureau du Plan plus optimiste

Les chiffres européens sont moins bons que ceux du Bureau du Plan, qui prévoit une croissance du PIB belge de 1,4% cette année. "Nous sommes moins optimistes que le Bureau du Plan sur le comportement de la demande intérieure", ajoute cette source. 

L'inflation devrait atteindre 1,4% en 2020 et 1,5% en 2021, ce qui reflète une légère hausse des prix de l'alimentation et des services. "La hausse des revenus devrait se transmettre partiellement aux prix des services, ce qui contribuera à augmenter l'inflation", dit-elle encore.

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