La croissance belge enrayée par la baisse des carnets de commandes

©Dominic Verhulst

La croissance de la Belgique devrait se limiter à 1,2% cette année et en 2020, selon la Commission européenne, pour qui les perspectives de l'économie sont assombries par plusieurs facteurs extérieurs.

La Commission Juncker a confirmé ce mercredi ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2019, soit une hausse du PIB de 1,2%. Celles de 2020 ont été revues en légère baisse. Les économistes de l'exécutif européen attendent en moyenne pour les 19 pays de l'euro une croissance de 1,4% l'an prochain, soit 0,1 point de moins que dans leurs précédentes prévisions publiées début mai.

La Belgique limite la casse

Pour la Belgique, la croissance devrait se limiter à 1,2% du PIB en 2019 tout comme en 2020. L'hiver dernier, la Commission prévoyait encore 1,3% de croissance pour 2019. Ces deux dernières années, la croissance belge s'était fixée à 1,7% et 1,4%.

©EPA

L'essoufflement belge est principalement dû à la mollesse de la consommation privée et de l'investissement privé, tandis que les exportations nettes ont contribué de manière positive. "Bien que la croissance soit restée robuste au premier trimestre de cette année, le climat économique s'est détérioré dans la plupart des secteurs depuis janvier. Les données font systématiquement apparaître une baisse des carnets de commandes et une croissance plus lente de l'emploi", précise la Commission à propos de l'économie noir-jaune-rouge.

L'Italie souffre

"Toutes les économies de l'UE devraient encore connaître la croissance cette année et l'année prochaine, même si la croissance solide en Europe centrale et orientale contraste avec le ralentissement en Allemagne et en Italie."
Valdis Dombrovskis
Vice-président de la Commission européenne

Avec ce taux de 1,2%, la Belgique se place tout de même dans la moyenne de la zone euro cette année, mais il décrocherait légèrement en 2020. Comparée à ses voisins, la Belgique ferait globalement mieux que l'Allemagne (0,5% et 1,4% prévus), mais légèrement moins bien que la France (1,3% et 1,4%) ou les Pays-Bas (1,6% et 1,5%).

L'Italie frôle quant à elle la zone rouge, avec des prévisions de 0,1% et 0,7%. A l'inverse, des pays hors zone euro comme la Pologne (4,4%), la Hongrie (4,4%) ou la Roumanie (4%), dont les économies viennent de plus bas et affichent du coup des prévisions de croissance toujours élevée. L'Irlande, avec 4% de croissance prévue cette année, continue de faire exception dans la zone euro, avec Malte (5,3%).

La Commission européenne pointe du doigt la faiblesse persistante du secteur manufacturier, qui découle de tensions commerciales sino-américaines et d'incertitudes quant aux futures politiques, dont l'hypothèse d'un Brexit sans accord. 

Le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, souligne toutefois que tous les pays de l'UE devraient connaître de nouveau la croissance en 2019 et en 2020, la demande étant soutenue par un marché du travail fort. "Étant donné les nombreux risques qui pèsent sur les perspectives, nous devons intensifier nos efforts pour renforcer encore la résilience de nos économies et celle de la zone euro dans son ensemble", exhorte-t-il.

L'inflation, quant à elle, devrait être de 1,3% dans la zone euro ces deux prochaines années. Elle continuerait d'être plus forte en Belgique (1,6%), mais bien moins élevée que l'an dernier (2,3%), reflétant la baisse des prix des produits alimentaires et l'hypothèse d'une baisse des prix du pétrole.  

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