La croissance européenne toujours enrhumée par les conflits commerciaux

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Dans ses prévisions économiques du printemps, la Commission européenne estime que le ralentissement de la croissance du PIB communautaire prendra fin en 2019. Mais le contexte actuel, avec notamment les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, pèse sur les perspectives à court terme. La Commission européenne prédit à la Belgique un déficit public de 1,3% cette année contre 1,1% initialement annoncé.

L'Europe est en passe de signer en 2019 une septième année consécutive de croissance. Mais pour l'année en cours, le PIB européen devrait avancer de 1,4 % dans l'UE et de 1,2 % en zone euro, selon les prévisions de printemps de l'exécutif européen. En février dernier, la Commission misait sur une hausse du PIB des Vingt-huit États membres de 1,5% et de 1,3% en zone euro. Ce qui fait dire à Valdis Dombrovskis, Commissaire à la Stabilité financière, que "l'économie européenne fait preuve de résilience face à une conjoncture extérieure moins favorable, avec notamment des tensions commerciales." 

Une amélioration en 2020

La Commission justifie le rabotage de ses prévisions par "les craintes d'un ralentissement prononcé de la croissance mondiale conjugué aux fortes incertitudes entourant les politiques commerciales", précisant aussi que la mollesse du secteur manufacturier joue également un rôle, "en particulier dans les pays confrontés à des problèmes spécifiques dans l'industrie automobile". Exemple avec l'Allemagne, pratiquement responsable à elle seule de la révision à la baisse des perspectives européennes. Le PIB allemand retomberait en 2019 à 0,5% avant de rebondir à 1,5% en 2020, alors que la Commission tablait encore cet hiver sur 1,1% pour cette année et 1,7% pour l'an prochain. 

A en croire les chiffres avancés par la Commission, le ralentissement de la croissance du PIB devrait prendre fin cette année. "Comme les échanges commerciaux internationaux et la croissance mondiale devraient demeurer plus faibles cette année et l'an prochain par rapport au rythme soutenu observé en 2017, la croissance économique en Europe reposera entièrement sur l'activité intérieure", explique l'équipe de Jean-Claude Juncker pour qui "les Européens sont maintenant plus nombreux que jamais à avoir un travail". Par conséquent, cette tendance couplée à la hausse des salaires devrait soutenir la demande intérieure.

En 2020, les facteurs nationaux défavorables devraient s'estomper, selon les anticipations de la Commission européenne qui table aussi sur un rebond l'activité économique hors UE. En chiffres, ces vents favorables se traduiront par une croissance du PIB européen de 1,6% et de 1,5% pour celui des pays de la zone euro, contre les 1,7% et 1,6% avancés par la Commission en hiver.  Les chiffres de 2020 sont également dopés par un nombre de jours de travail plus élevé cette année-là, précise encore la Commission.

Le déficit belge repart à la hausse 

Le PIB noir-jaune-rouge suit la tendance européenne. Selon les prévisions de la Commission, il affiche une croissance de 1,2% pour l'année en cours comme pour l'année prochaine. Pour 2019, la prévision est légèrement revue à la baisse (1,3% précédemment anticipé) alors que pour 2020, la Commission laisse ses attentes inchangées. 

Le ralentissement de l'économie belge en 2019 aura aussi une conséquence sur le solde de nos administrations publiques. Il recule de -0,7% du PIB en 2018 à -1,3% pour l'année en cours et -1,5% en 2020. En novembre dernier, il était encore question d'un déficit nominal de 1,3% du PIB en 2020 et de 1,1% en 2019. 

Au début du mois de juin, la Commission rendra ses recommandations par pays et son verdict budgétaire pour la Belgique. 

Le mauvais élève italien préoccupe la zone euro

L'Italie devrait afficher en 2019 et 2020 une croissance bien inférieure à celle de l'ensemble de la zone euro et voir grimper sa dette à un niveau record préoccupant, selon les prévisions de la Commission européenne. Ces anticipations pessimistes vont à l'encontre de celles de la coalition populiste au pouvoir en Italie, ce qui pourrait provoquer de nouvelles tensions après un premier bras de fer fin 2018 entre Rome et la Commission Juncker sur le budget du pays.

Parmi les 19 pays ayant adopté la monnaie unique, l'Italie apparaît clairement comme le mauvais élève, qu'il s'agisse de sa croissance, de son déficit public, ou de sa dette, qui affiche déjà un niveau record. Elle est quasiment le seul membre de la zone euro à afficher des taux de croissance anticipés sous 1% pour 2019 et 2020: à peine 0,1% cette année, puis 0,7% l'an prochain -contre respectivement 0,2% et 0,8% anticipé à Rome. 

Le niveau d'endettement de l'Italie est le deuxième de la zone euro, après la Grèce, bien au-dessus du plafond de 60% du PIB établi par les règles européennes. 

 

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