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La demande intérieure, moteur de la croissance belge et européenne

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La Commission européenne a légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance 2020 pour la zone euro. Celles-ci restent par contre inchangées pour l’Union européenne et la Belgique.

"Interim". La mention figure sur la page de garde des prévisions économiques d’été délivrées ce mercredi par la Commission européenne sortante. Parce que, oui, en été comme en hiver, l’exécutif européen limite son analyse aux principaux indicateurs macroéconomiques – croissance du PIB et indice des prix à la consommation en tête. Réservant la "totale" aux exercices de printemps et d’automne, où elle inspecte alors, en détail, les budgets et comptes de tous les États membres.

Penchons-nous donc sur ces prévisions estivales et allégées. L’économie européenne devrait connaître en 2019 sa septième année consécutive de croissance, relève l’Europe. Croissance qui, malgré de fortes disparités au sein de l’Union, concernera tous les États membres. Aucune économie européenne ne régresse, se réjouit Pierre Moscovici, commissaire en charge des Affaires économiques et financières qui présentait là le dernier jeu de prévisions de la Commission Juncker. "Je ne sais pas qui s’en chargera en novembre prochain, mais il fera ça très bien."

En Belgique, la consommation des ménages devrait prendre le relais du commerce extérieur.

Une croissance légèrement revue à la baisse depuis ce printemps, cela dit – printemps qui avait déjà annoncé des chiffres un tantinet rabotés par rapport à leurs homologues hivernaux. Parce que si le premier trimestre de 2019 s’est montré un rien plus audacieux que prévu, notamment grâce à la douceur des conditions hivernales et au regain des ventes de voitures, "les perspectives à court terme pour l’économie européenne sont assombries par des facteurs extérieurs", écrit la Commission, citant notamment "les tensions commerciales" à l’échelle mondiale et les "importantes incertitudes en matière de politiques".

Relais intérieur

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Pas de changements pour 2019, l’économie de la zone euro étant censée progresser de 1,2% et celle de l’Union européenne, de 1,4%. C’est en 2020 que le fléchissement est prévu: 1,4% pour la zone euro (1,5% chantait le printemps), tandis que l’Union reste à 1,6%. Léger tout cela, donc.

Et la Belgique? Qu’en est-il de cette petite économie à la fois très ouverte et peu volatile? La Commission lui applique la même prudence qu’à l’Union. Les prévisions restent inchangées par rapport au printemps (1,2% pour 2019 et 2020) – au risque de chicaner, il paraît toutefois que l’arrondi cache un léger repli à partir de la seconde décimale. Mais soit. "Les années précédentes, le commerce extérieur avait soutenu la croissance, analyse-t-on au Berlaymont. Portée par le tax shift, la bonne situation du marché de l’emploi et l’indexation des revenus, la consommation des ménages devrait cette fois prendre le relais." Ou quand la demande intérieure prend le pas sur l’extérieure.

Et sur le front budgétaire? L’Europe attend une épure 2020 pour la mi-octobre. Quand bien même s’agirait-il d’un exercice technique, à politique inchangée, faute de gouvernement de plein exercice. Celui-ci serait évidemment analysé, mais le décorticage en profondeur d’automne attendrait que naisse un réel budget, endossé par une nouvelle majorité. Sans trop tarder, faut-il espérer, vu la vitesse à laquelle les comptes belges se dégradent lorsqu’ils sont livrés à eux-mêmes.

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