La déviation du budget italien serait plus grave qu'annoncé

Pierre Moscovici et Giovanni Tria ©AFP

La Commission estime que les mesures envisagées par Rome entraîneraient en 2020 un déficit budgétaire de plus de 3% et une stagnation de la dette publique.

L'Italie peut-elle faire fondre sa dette -l'une des plus élevées au monde- tout en augmentant ses dépenses publiques, comme elle a décidé de le faire le mois dernier ? Non, répondent les économistes de la Commission européenne. Selon eux, le budget mis sur la table par Rome conduit à une stagnation de la dette publique du pays autour de 131% du produit intérieur brut (PIB) en 2019 et 2020.

Sans surprise, les prévisions de la Commission sont moins optimistes que celles de Rome. Quand le gouvernement italien s'attend à enregistrer 1,5% de croissance l'an prochain, l'exécutif européen table sur 1,2%. "Nos estimations sont plus prudentes sur la consommation intérieure et les investissements" que celles de Rome, explique Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques et financières.

Quand Rome annonce un déficit budgétaire de 2,4% l'an prochain, la Commission calcule que vu les mesures envisagées par l'Italie, il atteindra plutôt à 2,9% (notamment en raison de recettes de la TVA plus faibles et d'un service de la dette plus élevé qu'attendu par le gouvernement de Giuseppe Conte). L'année suivante, le déficit public dépasserait même la barre des 3% du PIB, dont le franchissement est proscrit par le pacte budgétaire.

Résultat des courses, alors que l'Italie assure qu'elle pourra faire baisser sa dette publique à l'horizon 2020, la Commission calcule qu'avec son budget elle la maintiendra stable à 131% environ du produit intérieur brut en 2019 et 2020.

La Commission a demandé le mois dernier à Rome de revoir son projet de budget, elle attend à présent sa réponse pour mardi prochain. Si l'Italie campe sur sa position, l'exécutif européen pourrait être forcé de lancer à son encontre une "procédure de déficit excessif". Qui pourrait en théorie mener à des sanctions sonnantes et trébuchantes.

Y a-t-il un compromis à trouver entre un gouvernement italien décidé à appliquer un budget expansionniste et une Commission soutenue par tous les autres membres de la zone euro pour faire respecter les règles ? "J'espère qu'il y aura un rapprochement, une solution commune, mais si l'idée est de couper la poire en deux, je ne vois pas comment c'est possible", a commenté Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse.

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