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La France annonce des mesures pour calmer les "gilets jaunes"

©EPA

Alors que les "gilets jaunes" menacent de bloquer les routes ce samedi pour lutter contre la hausse du prix des carburants, l'exécutif monte au front. Edouard Philippe annonce des mesures d'accompagnement des Français dans la transition écologique, sans pour autant dévier de sa trajectoire fiscale. Le président français promet quant à lui d'agir sur la scène internationale pour contenir les prix du pétrole.

À trois jours des manifestations de grogne sociale sur le pouvoir d'achat, l'exécutif français monte au front. Dans une interview sur RTL, le Premier ministre Edouard Philippe annonce différentes mesures "d'accompagnement" de l'augmentation des taxes des carburants. Le président Emmanuel Macron, invité au 20H de TF1 ce mercredi soir,  a dit s'être entendu avec Donald Trump pour presser les pays producteurs de créer les conditions permettant de contenir les prix du pétrole. Le président français a ajouté qu'il espérait que la baisse amorcée se poursuive.  

  • Les "gilets jaunes", comme on les appelle, excédés par la hausse du prix du carburant, comptent bloquer samedi les routes et monter jusqu'au palais présidentiel. Si le prix des carburants a attisé sa colère, le mouvement s'inscrit surtout dans un rejet plus général d'Emmanuel Macron, perçu par une partie de la population comme un "président des riches", incapable de comprendre le quotidien de "la vraie France" qui vit à l'écart des grands centres urbains.

Mardi soir, l'exécutif tentait donc de calmer le jeu et annonçait des "mesures d'accompagnement des Français dans la transition écologique". Ces dispositions doivent toutefois être encore présentées au Conseil des ministres.

Edouard Philippe a évoqué au moins trois mesures tout en assurant maintenir la trajectoire de taxer davantage la pollution que le travail et de lutter contre les gaz à effet de serre. "On ne va pas annuler les hausses de carburant, la taxe carbone. On s'est engagé à progressivement faire peser sur le pétrole et donc sur la pollution une partie des prélèvements fiscaux, plutôt que sur le travail."

Les taxes sur le diesel doivent augmenter de 6,5 centimes d'euro par litre et celles sur l'essence de 2,9 centimes au 1er janvier 2019.

 

Mais que prévoit le gouvernement?

→ Une prime à la conversion automobile. "Nous allons développer massivement une super prime de 4.000 euros (contre 2.000 euros actuellement) pour les 20% des Français les plus modestes pour acheter un véhicule d'occasion qui consomme moins." Edouard Philippe indique que pour la fin du quinquennat, l'objectif est de distribuer 1 million de primes à la conversion. "On double notre objectif affiché pendant la campagne électorale de 2017."

→ Un élargissement des indemnités au kilomètre. Objectif: soutenir les automobilistes qualifiés de grands rouleurs (+ plus de 60 km/jour) utilisant notamment de petites cylindrées.

→ Quelque 5,6 millions de foyers pourront bénéficier de chèques énergie. Il s'agit d'un élargissement du public cible à partir du 1er janvier et d'une augmentation de 50 euros de l'actuel montant de 150 euros. C'est que le gouvernement vise la disparition des chaudières au fioul dans un délai de 10 ans. "C'est un objectif de transformation. Il faut travailler pour demain matin, c'est vrai, mais il faut aussi travailler pour dix ans en voyant où l'on va."

"Nous avons entendu le besoin exprimé par les Français d'être plus accompagnés, et surtout pour les Français les plus modestes. Eh bien nous répondons à ce besoin."

D'autres mesures sont aussi en réflexion, comme la promotion du télétravail pour certaines personnes en arrêt de travail. "Faire en sorte que l'on puisse avoir une reprise progressive, notamment par le télétravail, c'est une piste intéressante."

Le collectif de citoyens, les "gilets jaunes", s'oppose à la hausse des prix des carburants. Mais au final, il dénonce un président trop axé sur les riches et pas sur les Français. ©AFP

Conscient d'une exaspération qui va au-delà de l'augmentation du prix du carburant, l'exécutif tente donc de calmer un mouvement protéiforme, non organisé, qui l'inquiète.

"Je le dis aux Français: vous avez le droit de manifester, bien sûr, mais il faut prendre ses responsabilités et respecter la loi", avertit Edouard Philippe. "Le souci de la sécurité des Français et le droit de manifester est encadré par la loi et passe par des déclarations préalables." Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a déjà indique que "très peu" d'organisateurs ont déclaré en préfecture les manifestations prévues.

Les gilets jaunes sur le terrain

Le collectif de citoyens, baptisés "gilets jaunes", a donc appelé à une journée de blocage des routes et de points stratégiques samedi. Plusieurs centaines d'actions sont répertoriées sur les réseaux sociaux qui catalysent le mouvement.

Cette mobilisation, qui se veut apolitique, a reçu le soutien de plusieurs partis d'opposition, du Rassemblement national de Marine Le Pen à la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon en passant par Les Républicains de Laurent Wauquiez qui participera lui-même à une manifestation samedi dans son département de Haute-Loire.

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