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La France met fin aux aides d'urgence aux entreprises

Bruno Le Maire, le ministre français de l'Economie. ©AFP

Le gouvernement d'Emmanuel Macron a confirmé la fin des aides massives aux secteurs pénalisés par la crise sanitaire au profit d'un soutien "sur mesure". Par ailleurs, le "pass sanitaire" est étendu aux entreprises.

En dépit d'un contexte tendu, émaillé par des manifestations anti-pass sanitaire tous les samedis, le gouvernement français n'envisage pas de desserrer l'étau. Bien au contraire. Depuis ce lundi, le fameux sésame (délivré à condition d'être complètement vacciné, d'avoir fait un test valable 72 heures auparavant ou d'être guéri du covid) est même plus encore étendu. Cette fois, aux salariés, prestataires, bénévoles, travaillant dans des lieux en lien avec le public. Sachant qu'au 26 août, 85% de personnes majeures avaient reçues la première injection, et 77% les deux doses.

"Le quoi qu'il en coûte, c'est fini. Nous sommes passés au sur mesure."
Bruno Le Maire
Ministre français de l'Économie

Au total, près de 1,8 million de personnes sont donc désormais dans l'obligation de montrer ce pass à leur employeur, au risque, à terme, de subir une suspension de travail sans solde. Seront principalement concernés les établissements dans lesquels ce sésame était déjà demandé aux usagés. À savoir les cafés, les restaurants, les grands magasins, les centres commerciaux supérieurs à 20.000 m², les musées, les foires, les transports de longue distance ainsi que les cinémas.

Baisse de 30% de la fréquentation des cinémas

À ce titre, les salles obscures ont été les plus pénalisées par l'instauration de ce QR code. Obligatoire depuis le 9 août, ce dernier leur aurait fait perdre près de sept millions d'entrées, selon le président de la Fédération nationale des cinémas français. Soit 50 millions d'euros de chiffres d'affaires.

240
milliards d'euros
Bruno Le Maire a évalué à 240 milliards d'euros (dont deux tiers de prêts) le coût des mesures d'aides d'urgence aux entreprises depuis mars 2020.

Un bilan qui inquiète certains secteurs, d'autant que Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a annoncé sa décision de refermer le robinet des aides publiques d'envergure.  Avec la mise en place du chômage partiel, le fonds de solidarité aura coûté 35 milliards d'euros aux finances publiques. "Le quoi qu'il en coûte, c'est fini. Nous sommes passés au sur mesure", a-t-il prévenu devant les représentants du Medef, l'organisation patronale, en spécifiant qu'il faudrait continuer à aider les entreprises au cas par cas. Dans la pratique, le fonds de solidarité – qui avait été mis en place en mars 2020 – disparaîtra donc à compter du 1er septembre en métropole, mais pas dans les départements d'Outre-Mer.

Une reprise de la consommation 

Ce régime d'aides généralisé cèdera la place à un dispositif permettant l'indemnisation de 70 à 90% des coûts fixes non couverts par les recettes dans les activités pénalisées par les restrictions sanitaires. Des plans d'action spécifiques seront néanmoins mis en place dans trois secteurs: l'évènementiel, les agences de voyages et les professionnels de la montagne, domaines où l'activité peine à redémarrer.

Pour justifier ces nouvelles décisions, Bruno Le Maire évoque la bonne santé de l'économie: "L'activité du pays tourne à 99% de ses capacités d'avant crise", a-t-il insisté en louant la reprise de la consommation. À son sens, le pays serait "dans la bonne voie", avec un taux de chômage stable à 8% au deuxième trimestre et une croissance qui, fin 2021, devrait, aux dires optimistes du gouvernement, retrouver ses niveaux d'avant pandémie. Le patronat craint toutefois une hausse des défaillances d'entreprises au cours des prochains mois. 

Télétravail, la main aux entreprises

En parallèle un nouveau protocole au regard du télétravail entrera en vigueur. La ministre du Travail Elisabeth Borne a confirmé qu'à partir de ce mardi 31 août, l'État n'imposera plus aux entreprises un nombre minimal de jours de travail à distance. À cette date, il reviendra aux directions de chaque société de mettre en place leurs propres règles à l'issue de négociations avec les représentants du personnel.

Le résumé

  • Le gouvernement français a présenté lundi sa stratégie de sortie du "quoi qu'il en coûte" mis en œuvre depuis mars 2020 pour soutenir l'économie face aux répercussions de la pandémie.
  • Le soutien de l'État est désormais réservé aux secteurs ou régions toujours soumis à des restrictions sanitaires et connaissant encore des difficultés liées à la crise sanitaire.
  • Le pass sanitaire est désormais obligatoire au travail pour 1,8 million de salariés dans les restaurants, cinémas, musées ou encore les trains grandes lignes.

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