La France présente son budget de relance pour 2021

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Axé sur le soutien à l'emploi, le projet de loi de finance n'est pour l'heure pas remis en cause par le rebond de la pandémie et les restrictions d'activités, selon le ministre de l'Economie français.

Alors que l'épidémie de Covid s'éternise, le gouvernement français va-t-il devoir revoir son budget de 2021 centré sur son plan de relance à 100 milliards d'euros? À entendre le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, qui le présentait, ce lundi, en conseil des ministres, la réponse est non. "Le budget que nous présentons est un budget de relance. Il répond à l’urgence immédiate de dizaines de milliers d’entrepreneurs qui ont besoin de l’État pour faire face à la crise. Mais il prépare surtout l’avenir des Français", a-t-il assuré, alors que ce plan vise à renforcer la compétitivité des entreprises et à sauver l'emploi. En effet, selon l'entourage du ministre, ce budget tiendrait compte de la dégradation des indicateurs économiques de cette fin d'année, ce qui ne justifierait pas de révision des calculs. "Dans notre prévision 2020, plus prudente que celle de l’OCDE ou de l’Insee, nous avions prévu un retour des conditions sanitaires compliquées, ainsi que les incertitudes internationales (perturbations du commerce mondial, élections américaines, Brexit…)", justifie-t-on à Bercy.

-15%
Comme les ménages, les entreprises vont réduire leurs dépenses cette année. La baisse des investissements est attendue à -15% avant un rebond équivalent en 2021 selon le gouvernement français.

Pour l'heure, l'exécutif table sur un redressement de 8% du PIB français l'an prochain après une contraction de 10% cette année, son plus fort recul depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans son avis publié lundi, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) met toutefois en garde sur les "incertitudes extrêmement élevées" que fait peser le contexte sanitaire sur la reprise, estimant que le plan de relance risque de ne pas doper autant que prévu l'investissement privé et public. Pour sa part, le gouvernement mise sur un impact de 1,1 point de celui-ci dès l'an prochain. De leur côté, la Banque de France et l'OCDE se montrent plus circonspects quant au rebond du PIB qu'ils attendent plus modéré.

Pas de hausses d'impôts

Quoi qu'il en soit, avec ce budget, le gouvernement remet en cause son dogme selon lequel "il n'y a pas d'argent magique", répété à l'envi pendant les premières années de mandat d'Emmanuel Macron. Cette fois, les vannes sont ouvertes, au nom du sauvetage de l'économie, et avec la bénédiction de Bruxelles qui a suspendu ses règles d'austérité budgétaires. Côté déficit, le gouvernement espère le stabiliser autour de -6,7% du PIB l'an prochain contre -10,2% cette année. Pour ce faire, le gouvernement a confirmé qu'il n'aurait pas recours à des hausses d'impôts. Depuis 2017, ceux-ci auraient même baissé de 45 milliards d'euros tant pour les entreprises que pour les particuliers. Même si la France se classe toujours parmi les champions du monde en termes de lourdeur de sa fiscalité.

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