Publicité

La guerre commerciale va affecter les Belges

©AFP

L'Union européenne a lancé sa contre-offensive dans le conflit commercial qui l'oppose au président Donald Trump, en imposant dès ce vendredi des droits de douane additionnels sur des dizaines de produits américains, comme les jeans, le bourbon ou les motos. Pour le consommateur, cela implique des prix plus élevés et une offre moins étoffée.

Dès aujourd’hui, le consommateur belge fera les frais du conflit commercial entre le président américain Donald Trump et l’Union européenne. Le 1er juin dernier, Trump instaurait des taxes douanières à hauteur de 25% et 10% respectivement sur l’acier et l’aluminium européens. D’où la riposte de l’Union européenne pour toute une série de produits américains maintenant frappés d’une taxe douanière de 25%.

• Les taxes américaines portent sur 6,4 milliards d’euros d’importations en acier européen sur base annuelle.
• La sanction de l’Union européenne porte sur une manne identique et la première tranche de 2,8 milliards à compter d’aujourd’hui, ce qui correspond à 0,1% du total des exportations annuelles américaines et à 1% des exportations américaines vers l’Europe.

Les marques, les travailleurs et les consommateurs américains vont en souffrir.
La porte-parole de Levi's

À compter d’aujourd’hui donc, sont frappés d’une taxe de 25% à l’entrée, l’acier américain, mais également toute une série de produits fabriqués dans des états fédérés américains gouvernés par les républicains et tenus de remporter les élections de mi-mandat.

Parmi ces produits figurent le jus d’orange et le jus de canneberge de Floride, le riz et le coton – les jeans Levi’s sont également concernés – provenant des États du sud, les motos Harley Davidson du Wisconsin et le bourbon du Kentucky. Les bateaux de plaisance et les chaussures figurent également dans la liste.

→ Reste à déterminer si Nike, dont le centre de distribution en Europe est basé en Belgique, sera touchée. Il n’a pas été possible de joindre l’entreprise pour le savoir.

Dans les trois années à venir, d’autres produits s’ajouteront au bas de la liste: notamment les nappes et serviettes en papier, ainsi que les lave-linge Whirlpool.

Bourbon, Harley...

De la première négociation multilatérale douanière européenne résulte donc une augmentation de 25% du prix du bourbon américain et des Harley Davidson au sein de l’Union européenne. Question: qui va pâtir de cette mesure? Le producteur, le distributeur ou le consommateur? En tout cas, cela débat ferme dans les entreprises concernées. Chez Harley Davidson, on se demande ce que l’on va faire des taxes. "S’il faut les répercuter sur les distributeurs et les clients", précise un porte-parole.

"Généralement, on constate qu’une entreprise absorbe 50% de la hausse et qu’elle répercute le reste sur le client", explique Hylke Vandenbussche, professeur d’économie à la KU Leuven. "Mais tout dépend de la taille de l’entreprise et des produits concernés."

2,8 milliards €
L’équivalent de 2,8 milliards d’euros d’importations de produits américains en Europe est d’ores et déjà concerné.


©thomas vanhaute

Il est important de prendre en considération la marge bénéficiaire du produit sujet à révision de prix. Si les marges bénéficiaires sur un produit fini comme une Harley Davidson sont élevées, celles sur le vrac comme le riz américain sont très minces. C’est pourquoi les producteurs de riz seront plus vite tentés de répercuter les coûts sur les clients.

Même au sein des secteurs sujets à révision des prix, toutes les marques américaines ne sont a priori par touchées. En effet, beaucoup de marques américaines échappent aux taxes, parce que leurs marchandises ne proviennent pas des États-Unis. Le fabricant de jeans Levi’s, par exemple, fabrique ses pantalons dans 26 pays. Ceux produits en Asie pour l’Europe ne subiront pas la sanction douanière. Et le riz qu’Uncle Ben’s transforme dans son usine d’Olen ne provient pas des États-Unis.

Clairement, cette guerre commerciale ne fait pas les affaires de nombreuses entreprises américaines. Pour Levi’s, ces mesures sont dangereuses pour l’économie mondiale et "les marques, les travailleurs et les consommateurs américains vont en souffrir", explique un porte-parole. Donc, "il est essentiel de faire comprendre aux États-Unis et à l’Union européenne que leurs décisions n’ont pas seulement des répercussions sur leurs économies, mais bien sur des millions de gens ailleurs dans le monde également."

©AFP


Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés