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La levée des restrictions booste les salaires britanniques

Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque d'Angleterre. ©EPA-EFE

Le niveau des rémunérations a augmenté de 8,8% au deuxième trimestre, particulièrement dans les secteurs qui ont été les plus touchés par la pandémie. La pénurie de main d'œuvre liée au Brexit a aussi joué un rôle.

Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les économistes qui redoutent une bulle inflationniste, mais cela confirme que l'emploi britannique est sur le point de retrouver ses niveaux pré-pandémiques. Selon l'ONS 28,86 millions d'emplois étaient pourvus au mois de juillet. Le record historique de février 2020 (29.06 millions) est à portée. Conformément aux prévisions modérément optimistes du début de la crise, la trajectoire de reprise a eu la forme d'un U.

La forte hausse des salaires à l'embauche au second trimestre, inédite depuis près d'un quart de siècle, a été plus brusque que prévu. Certaines entreprises ont offert des primes importantes à l'embauche, pouvant aller jusqu'à 10.000 livres, afin de combler des postes vacants. La levée des restrictions sanitaires et les difficultés de recrutement liées au Brexit, particulièrement dans les emplois à niveaux relatifs de qualification, a provoqué cette forte poussée.

"Le défi était d'éviter une forte hausse du chômage, il s'agit maintenant d'assurer la fluidité dans le marché du travail."
Andrew Bailey
Gouverneur de la Banque d'Angleterre

Plus de 1,1 million d'emplois ne sont pas pourvus au Royaume-Uni en raison du Brexit, qui a entraîné une saignée importante du nombre de travailleurs, en particulier en provenance des pays de l'est. Un retour massif de citoyens européens est possible, puisque le nombre d'inscriptions sur le registre d'établissement au Royaume-Uni a dépassé la barre des 5 millions, soit nettement plus que prévu.

"Les défis qui se posent au marché du travail sont maintenant différents", a indiqué le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey. "Les données montrent qu'il y a de plus en plus en plus de postes vacants, avec une pression sur les secteurs du marché concerné. Le défi était d'éviter une forte hausse du chômage, il s'agit maintenant d'assurer la fluidité dans le marché du travail."

Le nombre de demandes d'isolement a été si important qu'il a provoqué des courts-circuits dans l'économie.

Alors que la logistique et l'hôtellerie sont les deux secteurs qui font face à la plus grande pénurie de main d'œuvre, un autre facteur a accentué la tension sur la main d'œuvre: la "pingdemic". Ce néologisme décrit une flambée de notifications reçues par les personnes qui ont téléchargé l'application anti-Covid, leur demandant de s'isoler lorsqu'ils ont passé plusieurs minutes à côté d'une personne atteinte du coronavirus.

L'application a été téléchargée par quelque 24 millions de personnes, soit la majorité de la population adulte. Au cours de l'été, le gouvernement a dû réduire la "sensibilité" de l'application en limitant les critères déterminant l'envoi d'alertes à des potentiels cas contacts. Le nombre de demandes d'isolement a en effet été si important qu'il a provoqué des courts-circuits dans l'économie et dans les chaînes d'approvisionnement. Cette semaine, par exemple, 50 restaurants Nando's ont dû fermer en raison d'une pénurie de poulets.

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