La marche vers l'égalité hommes-femmes n'accélère pas

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L’indice européen qui mesure les progrès en matière d’égalité des genres montre que les progrès sont lents. La Belgique se classe derrière la France et les Pays-Bas.

La marche vers l’égalité entre les hommes et les femmes suit en Europe une progression aussi lente que constante. Depuis 2013, le Gender Equality Index, indice composite publié tous les deux ans, affiche une progression de 1,2 point sur cent. Sa dernière édition publiée ce mardi établit le score de l’Union européenne pour 2018 à 67,4 points – 1 correspondant à l’inégalité totale, 100 à l’égalité parfaite. L’indice en question est publié par l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), basé à Vilnius et fondé par l’Union européenne. Il évalue les inégalités sous six angles principaux: inégalités de travail, de revenu, d’accès au savoir, de temps, de pouvoir et d’accès à la santé.

"Nous devons faire plus, beaucoup plus vite!", a réagi l’eurodéputée autrichienne Evelyn Regner, qui préside la commission des Droits des femmes et de l’égalité des genres au Parlement européen. "Si peu de progrès sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’UE", a déploré de son côté la secrétaire générale du lobby européen des femmes, Joanna Maycock, estimant qu’en la matière, "le progrès a calé".

71,1/100
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La Belgique obtient 71,1 points dans le Gender Equality Index. Selon cet indice établi par l’Institut européen EIGE, 100 points représentent l’égalité parfaite, 1 point l’inégalité totale.

À supposer que le rythme de progression soit maintenu, l’Union européenne pourrait selon les critères de cet indice espérer l’égalité hommes-femmes d’ici une trentaine d’années. C’est sans compter cependant sur le fait que tous les pays européens n’enregistrent pas des progrès en la matière. Dans certains États membres, la marche vers l’égalité s’est arrêtée, dans d’autres, comme la Pologne ou la Lituanie, la situation s’est même dégradée.

Lente Belgique

Avec un score de 71,1 points au Gender Equality Index, la Belgique est en 8e position du classement européen. Elle se place au-dessus de la moyenne, et notamment de l’Allemagne (66,9), mais en dessous d’autres pays voisins comme la France (74,6) ou les Pays-Bas (72,1). La Belgique progresse à un rythme plus lent que le reste de l’Union. Depuis l’établissement de l’indice en 2005, elle a gagné 5,1 points, soit 0,4 point par an en moyenne.

En Belgique, les inégalités de genre sont les plus prononcées en matière de "pouvoir" et de "temps". En matière d’"argent", le score de la Belgique dépasse 88 points, deuxième de l’Union. En Wallonie pourtant, l’égalité financière entre les hommes et les femmes est loin d’être une réalité, selon une évaluation publiée le même jour par l’Institut wallon de statistique (Iweps). Le revenu moyen des femmes plafonne à 70% de celui des hommes, et le taux de dépendance financière des femmes est deux fois plus élevé que celui des hommes.

Le congé parental, une clé

Sur l’ensemble de l’Union européenne, ce sont les pays scandinaves qui s’approchent le plus de l’égalité des genres. La Suède reste en tête du classement (83,6 points), très loin devant le peloton. Près de la moitié des membres de l’UE restent sous la barre des 60 points.

Selon l’EIGE, le domaine où les inégalités sont les plus criantes en Europe est celui du "pouvoir" – l’égalité dans la prise de décisions. C’est aussi celui où les progrès sont les plus significatifs, avec l’entrée de plus en plus de femmes dans les conseils d’administration des entreprises. Selon un rapport du groupe Credit Suisse, 29,7% des postes de conseils d’administration en Europe sont occupés par des femmes.

Alors que le congé parental est selon l’EIGE l’une des principales mesures pour aider à l’équilibrage entre charges familiales et travail, il n’est pour l’heure pas accessible à tous les employés en Europe – "28% des femmes et 20% des hommes n’ont pas droit au congé parental", déplore l’Institut dans un communiqué. La Commission européenne compte notamment sur la nouvelle directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour changer la donne. Cette législation instaure un congé de paternité dans toute l’UE, le renforcement du droit au congé parental et l’extension du droit des parents à demander des formules de travail souples.

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