"La météo" responsable du ralentissement de la zone euro

Le commissaire Pierre Moscovici présentait ce jeudi ses prévisions économiques : la Belgique est, avec l'Italie et la Grèce, l'un des seuls pays de la zone euro dont la croissance serait inférieure à 2% cette année. ©REUTERS

La Commission européenne prévoit toujours une croissance "robuste" de 2,3% cette année pour la zone euro cette année, malgré le tassement enregistré au premier trimestre.

L'économie européenne est dans le vert, les chiffres de la Commission le montrent "clairement, sans la moindre ambiguïté", a indiqué Pierre Moscovici ce jeudi, lors de la présentation des prévisions économiques de printemps de l'exécutif européen. Mercredi pourtant, le bureau de statistiques de l'Union, Eurostat, nourrissait les inquiétudes des économistes en confirmant que la croissance de la zone euro s'était tassée au premier trimestre. Après une année 2017 au cours de laquelle le produit intérieur brut (PIB) a crû de 2,4%, la croissance a ralenti à 0,4% sur les trois premiers mois de cette année contre 0,7% au trimestre précédent, selon son estimation provisoire.

"Nous estimons que ce ralentissement est dû à un certain nombre de facteurs temporaires, notamment à un hiver plus froid que d'habitude, ce qui affecte toujours la consommation."
Pierre Moscovici
Commissaire européen aux Affaires économiques

La reprise serait-elle déjà en train de flancher? Ce n'est pas l'avis des économistes de la Commission: "Nous estimons que ce ralentissement est dû à un certain nombre de facteurs temporaires, notamment à un hiver plus froid que d'habitude, ce qui affecte toujours la consommation", a indiqué Pierre Moscovici. Après avoir atteint l'an dernier la meilleure performance des dix dernières années, la croissance de la zone euro devrait se tasser progressivement, pour tomber à 2,3% cette année, puis 2,0% en 2019. On note au passage qu'avec 1,8% de croissance cette année, la Belgique serait l'un des seuls pays de la zone euro, avec l'Italie et la Grèce, à connaître une croissance inférieure à 2%.

Dans les grandes lignes donc, l'économie européenne conserve du vent dans les voiles, charriant d'autres bonnes nouvelles. Le taux de chômage est quasiment revenu à son niveau d'avant crise : 8,4% attendu cette année pour la zone euro (6,4% pour la Belgique). Et pour la première fois depuis la création de l'Union économique et monétaire, aucun État membre de la zone euro ne présente un déficit budgétaire supérieur au plafond de 3% établi par le traité.

Un monde d'incertitudes

Pour autant, l'Europe n'est pas passée "du noir au rose", concède le commissaire. Et ces prévisions sont à prendre avec d'autant plus de précautions que les risques ont "clairement augmenté", avec la menace d'une escalade protectionniste. Le président américain Donald Trump doit décider pour le 1er juin s’il impose à l’Union européenne des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium, une mesure qui menacerait d’entraîner une réaction en chaîne de représailles commerciales.

La Commission craint aussi que les politiques budgétaires américaines n’alimentent un "risque de surchauffe", et elle estime que la volatilité des marchés va "probablement devenir plus fréquente". La croissance européenne – et Belge en particulier – sera également marquée par le résultat des négociations sur le Brexit, attendu à l’automne.

A contrario, souligne la Commission, la force de l'expansion qu'elle entrevoit pourrait être sous-estimée : la confiance, la demande et l'emploi pourraient stimuler l'activité économique au-delà des attentes de ses économistes.

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