La reprise sera plus lente, mais la Commission est "optimiste"

Selon le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, l'économie de l'UE devrait revenir à des niveaux de PIB d'avant la pandémie en 2022, plus tôt qu'on ne le prévoyait. ©EPA

La Commission européenne revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2021. La Belgique peut espérer 3,9% d'expansion cette année.

La zone euro peut attendre une croissance de 3,8% cette année, et d'autant l'an prochain, selon les prévisions économiques d'hiver de la Commission européenne, publiées ce jeudi. Après une récession moins forte qu'attendu en 2020, l'économie se redresserait donc moins rapidement qu'espéré cette année: dans ses prévisions de novembre, la Commission misait encore sur un PIB en hausse de 4,2% pour 2021.

L'économie devrait reprendre au printemps et s'intensifier à l'été grâce aux vaccins et à la levée graduelle des mesures de confinement.

Par contre, "l'économie de l'UE devrait revenir à des niveaux de PIB d'avant la pandémie en 2022, plus tôt qu'on ne le prévoyait avant", indique le commissaire à l'Économie Paolo Gentiloni. Selon ces prévisions, le Brexit plombera la croissance européenne de 0,5 point sur les deux années (et de 2,2 points pour le Royaume-Uni).

Reprise au printemps

Ces chiffres sont à prendre avec d'autant plus de prudence que la situation sanitaire est ambivalente. beaucoup d'États ont pris des mesures de confinement plus dures face à l'apparition de variants plus contagieux, mais le lancement des programmes de vaccination permet un "optimisme prudent", selon la Commission.

Après une croissance forte à la fin de l'été dernier, l'activité s'est à nouveau contractée depuis la fin 2020 sous l'effet de la deuxième vague de la pandémie. La Commission attend une reprise au printemps, qui s'intensifierait à l'été. On la devrait aux vaccins et à la levée graduelle des mesures de confinement en Europe, mais aussi à la reprise économique dans le reste du monde.

+3,9%
pib belge
Après avoir vu son PIB chuter de 6,2% l'an dernier, la Belgique pourrait le voir grimper de 3,9% en 2021 et de 3,1% en 2022.

Les dépenses des ménages belges

Après avoir vu son PIB chuter de 6,2% l'an dernier, la Belgique peut s'attendre à ce qu'il remonte de 3,9% en 2021 et de 3,1% l'année prochaine. C'est légèrement plus optimiste que le scénario que la Banque nationale avait présenté en décembre.

La consommation devrait être le principal moteur de la reprise: la Commission s'attend à ce que les ménages dépensent une partie de leur épargne forcée dans les trimestres qui viennent. Au cours de ces deux années, les investissements ne devraient reprendre que graduellement, vu l'incertitude. La Belgique étant une plateforme commerciale, elle devrait, par contre, voir ses échanges reprendre vigoureusement sous l'effet de la reprise du commerce mondial.

Plus durement touchée par la pandémie, la France pourrait enregistrer une croissance de 5,5% cette année. L'Allemagne, qui a connu une récession moins prononcée que la Belgique, peut compter sur un PIB en hausse de 3,2%, et les Pays-Bas de 1,8% seulement.

Lourdes incertitudes

Les prévisions sont par définition incertaines mais les risques qui pèsent sur celles-ci sont particulièrement élevés. La confirmation des prévisions de la Commission dépendra ainsi du succès des campagnes de vaccination et de l'évolution des variants du Covid-19.

Un déploiement optimal du plan de relance européen pourrait aussi mener à une reprise plus favorable que ne le prévoit la Commission.

Le risque existe aussi que la Commission soit trop optimiste sur les effets de la crise sur les faillites et les pertes d'emplois. La reprise pourrait a contrario être plus rapide si les levées de confinement se produisent plus tôt que prévu. Elle mise, pour l'instant, sur une levée progressive à partir du deuxième trimestre, qui s'accélérerait dans la seconde moitié de l'année, pour aller vers des mesures "plus marginales" vers la fin de 2021.

Prudente, la Commission n'a pas inclus dans ses prévisions les dépenses liées à la facilité de relance et de résilience (FRR, 672,5 milliards, dont 338 milliards de subsides). Un déploiement rapide du plan de relance européen pourrait donc mener à une reprise plus favorable qu'attendu.

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