C'est le bon moment pour devenir astronaute

Thomas Dermine (PS), secrétaire d'État chargé de la Politique scientifique, a expliqué cette grosse opération de recrutement. ©BELGA

L'Agence spatiale européenne lance une grande procédure de recrutement d'astronautes. La Belgique espère envoyer un troisième homme dans l'espace.

L'industrie spatiale a besoin de bras et de cerveaux et la Belgique voudrait à nouveau envoyer un astronaute dans l'espace. La procédure de sélection est lancée: l'Agence spatiale européenne (ESA) recrute entre 4 et 6 futurs astronautes (www.esa.int). C'est la première procédure du genre depuis plus de 10 ans. 60 ans après que le cosmonaute Youri Gagarine a effectué le premier vol dans l'espace, Thomas Dermine (PS), secrétaire d'État chargé de la Politique scientifique, entouré d'experts tels que Frank De Winne, a expliqué cette grosse opération de recrutement qui court jusqu'à la fin mars.

Mais comment devient-on astronaute? Il faut déjà avoir un diplôme en poche. Un master scientifique, un doctorat en médecine, un diplôme d'ingénieur... Un appel particulier est lancé aux femmes. Il faut aussi faire valoir une expérience professionnelle. L'anglais est la langue de travail à l'ESA et, dans un souci de collaboration avec les autres puissances actives dans l'espace, plusieurs candidats seront amenés apprendre le russe ou le chinois.

Deux vols

La limite d'âge a été fixée à 50 ans, "pour avoir possibilité de deux vols", a précisé Frank De Winne, le deuxième Belge à avoir été dans l'espace, après Dirk Frimout. "C'est lors du deuxième vol qu'on obtient les plus hautes responsabilités. L'entraînement prend au minimum 10 ans pour effectuer deux vols."

"On ne recrute pas des astronautes pour les laisser au sol, le but est de les faire voler."
Frank De Winne
Astronaute belge

Et le profil psy? Pour Frank De Winne, qui a été le premier astronaute européen à commander l'ISS, il faut avant tout "croire en soi-même et être confiant". "Il faut aussi être en bonne santé, faire un peu de sport, mais surtout: "try to be yourself!"

L'assurance de voler

Mais ces quelques candidats qui franchiront les épreuves et seront recrutés ont-ils l'assurance de voler un jour dans l'espace? Oui. "On ne recrute pas des astronautes pour les laisser au sol, le but est de les faire voler", a précisé Frank De Winne.

"Les astronautes sont la pointe de l'iceberg, ils ont un rôle iconique, mais il faut du personnel à l'ESA pour la recherche et pour toute l'industrie spatiale."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État chargé de la Politique scientifique (PS)

Mais aujourd'hui, 22 États membres ont pour aspiration d'envoyer un des leurs dans l'espace. C'est pourquoi il y a aussi des astronautes "de réserve", qui ne sont pas recrutés immédiatement par l'ESA, mais seront appelés si des opportunités de vols supplémentaires se présentent ou pour n'effectuer qu'un passage à l'agence européenne avant de retrouver leur profession. Ils peuvent aussi être engagés si un pays achète un vol, possibilité dont Thomas Dermine ne veut pas discuter pour le moment. Sur base des candidatures, il y aura donc une réserve de 10 à 20 candidats. Les personnes ayant un handicap physique sont invitées à postuler pour cette réserve.

Dans le sillage d'Elon Musk

Dès l'ouverture de l'appel, 145 candidatures avaient déjà été postées. "Il y a de nouveau un appétit pour l'espace", s'est réjoui Thomas Dermine. "Suivre les aventures d'Elon Musk redonne un intérêt à la conquête spatiale. La jeune génération rêve de l'espace et c'est magnifique." Mais la sortie du secrétaire d'État ne se limite pas à booster la procédure de recrutement de l'ESA. "Les astronautes sont la pointe de l'iceberg, ils ont un rôle iconique, mais il faut du personnel à l'ESA pour la recherche, et pour toute l'industrie spatiale."

25%
Près du quart des ingénieurs de l'ESA partiront à la retraite d'ici 10 ans, le besoin de sang neuf est important

L'espace est un secteur en croissance, a insisté Frank De Winne. "C'est pour cela que la Belgique a mis beaucoup d'argent: ça crée beaucoup de jobs. L'espace est un investissement dans notre tissu industriel axé sur le futur. On va avoir, à l'ESA, environ 20-25% de nos ingénieurs à la retraite dans les 5 à 10 ans à venir. On aura besoin de beaucoup de jeunes femmes, de jeunes hommes pour un domaine qui est un vrai moteur de croissance."

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