Le coronavirus présente "un risque baissier considérable" pour l'économie européenne

Le Commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, a mis en garde sur les risques liés au coronavirus.

La croissance européenne devrait être modérée cette année et en 2021, alors que la reprise mondiale reste fragile. L'épidémie de coronavirus constitue une zone d'incertitude que la Commission a choisi de ne pas intégrer dans ses prévisions.

La Commission européenne s'attend à "une croissance modérée" de l'économie de l'Union européenne en 2020 et 2021, d'après ses prévisions économiques d'hiver, diffusées ce jeudi. Le risque lié au coronavirus n'a pas été intégré dans les calculs, mais l'exécutif européen met en garde contre l'impact de cette épidémie sur la croissance

Alors que la reprise de l'économie mondiale reste fragile, la croissance du PIB de la zone euro devrait atteindre 1,2% en 2020 et 2021. Cette tendance est stable par rapport à l'an dernier, mais en net recul par rapport à 2018 (1,9%). Pour l'ensemble de l'UE, les prévisions tablent sur un léger recul de la croissance à 1,4% en 2020 et 2021 contre 1,5% l'an dernier.

1,2%
De croissance
La croissance du PIB de la zone euro devrait être de 1,2% en 2020 et 2021.

"Les moteurs de la croissance intérieure restent bons, particulièrement la consommation des ménages", explique Paolo Gentiloni, Commissaire européen à l'Économie. Les investissements dans le secteur de la construction continueront à alimenter la croissance, de même que les investissements publics dans les infrastructures numériques et de transport. La zone euro connaît sa plus longue période de croissance soutenue depuis la création de l'euro en 1999. Cette expansion "devrait donc se poursuivre, ce qui est une bonne nouvelle pour l'emploi", dit Paolo Gentiloni.

L'environnement extérieur reste difficile. "La croissance mondiale est en demi-teinte, ajoute le commissaire Gentiloni. Mais des signes de stabilisation s'annoncent." La croissance allemande, en particulier, devrait rester faible (1,1% en 2020), les exportations de la plus grande économie d'Europe ne reprenant que très lentement. Les pays d'Europe centrale et orientale afficheraient la croissance la plus élevée, la Roumanie (3,8%), la Pologne (3,3%) et la Hongrie (3,2%) en tête. La croissance italienne (0,3%) serait la plus faible de l'UE. 

"Un risque baissier considérable"

Pour l'exécutif européen, la balance des risques demeure négative. "Un degré appréciable d'incertitude pèse sur la zone euro", avertit Paolo Gentiloni. L'épidémie de coronavirus constitue un risque potentiel. "Nous avons un risque baissier considérable", prédit le Commissaire à l'Économie. "Si elle continue de la même façon, vous imaginez l'impact qu'elle peut avoir?", dit-il, évoquant les risques sur les secteurs manufacturiers et touristiques chinois. La Chine représente à elle seule 150 millions de touristes par an dans le monde et 277 milliards de dépenses en 2018. Or, suite à l'épidémie, le gouvernement chinois déconseille à ses ressortissants de voyager. 

"Tout dépendra de la durée et de la gravité de l'épidémie."
Paolo Gentiloni
Commissaire européen à l'Economie

Mais il est trop tôt pour mesurer un éventuel impact. "On a demandé de ne pas intégrer les retombées du coronavirus dans nos estimations, car il est difficile de savoir ce qu'il en sera, précise-t-il. Dans les prochaines semaines, les prochains mois, on pourra faire des prévisions raisonnables. Tout dépendra de la durée et de la gravité de l'épidémie." Pour l'instant, le scénario de référence est que le pic de l'épidémie sera atteint au premier trimestre, et que la propagation à l'échelle mondiale sera relativement limitée.

Sur le font du commerce international, l'accord de "phase 1" entre les États-Unis et la Chine a contribué à réduire les aléas baissiers, mais un risque élevé d'incertitude demeure à propos de la politique commerciale américaine.  Les risques liés à un Brexit dur ont disparu. Mais d'importantes incertitudes demeurent quant à la relation future entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, en particulier sur l'accord commercial qui sera conclu entre les deux zones.

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