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Le dollar plie après la Fed et la BCE

La devise américaine s'affaiblit face à l'euro, à la livre sterling, au yen et au franc suisse.

On n’avait plus vu ça depuis dix mois. Jeudi, sur le marché des changes, l’euro a dépassé 1,42 dollar. Au même moment, la livre sterling a franchi le seuil de 1,62 dollar, ce qui constitue également un sommet sur dix mois. Face au yen également, le billet vert s’affaiblit à nouveau. Il est revenu en dessous de 1,81 pour un dollar. Et à 0,96 franc suisse, la devise américaine n’est pas loin de son plancher.

La faiblesse du dollar coïncide avec les récentes prises de position des banques centrales. Mercredi, la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) a annoncé qu’elle allait injecter des liquidités sur les marchés, ce qui revient à augmenter la masse monétaire libellée en dollar. De quoi peser sur la valeur du billet vert. D’autant que, jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a confirmé qu’elle maintenait le cap d’un retrait progressif de ses mesures exceptionnelles de soutien au secteur financier. Et d’autant que, toujours jeudi, la Banque d’Angleterre (BoE: Bank of England) a continué à s’abstenir de faire tourner à la planche à billets. Quant à la Banque du Japon, elle ne communiquera sur sa politique monétaire que ce vendredi matin.

La BCE ne change rien

Ces tactiques divergentes entre la Fed, d’une part, et la BCE et la BoE, d’autre part, sont dues à des perceptions différentes du rétablissement progressif de la croissance économique mondiale. Pour l’autorité monétaire américaine, le rythme du redressement est insuffisant, tandis que du côté des banques centrales d’Europe, on insiste sur la possibilité d’une reprise accélérée à l’échelle mondiale, ce qui favoriserait les exportations. "Le commerce international pourrait continuer à croître plus vite que prévu, ce qui serait un facteur de soutien pour les parties de la zone euro tirées par les exportations", a indiqué jeudi Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, lors de la conférence de presse qui suit la réunion du conseil des gouverneurs à Francfort.

L’institution monétaire européenne a maintenu son principal taux directeur inchangé, à 1 %. Elle s’est aussi gardée de toucher à son programme d’achats d’obligations gouvernementales des pays de la zone euro en difficulté budgétaire, dont les taux d’intérêt se tendent nettement depuis quelques jours. Pas de changement non plus en ce qui concerne l’accès aux liquidités offert aux banques. Jean-Claude Trichet a indiqué que la BCE réexaminerait cette question lors de sa prochaine réunion, le 2 décembre.

Invité à commenter la hausse de l’euro face au dollar après l’intervention de la Fed de la veille, le président de la BCE a indiqué qu’il avait confiance dans la volonté des Etats-Unis de conserver un dollar fort. l

Ph.G.

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