Publicité

Le plan de relance a son compte en banque, reste à l'alimenter

Johannes Hahn, commissaire européen au Budget, a indiqué ce mercredi que la stratégie de financement sera soutenue par des banques "organisées en un réseau primaire solide", qui distribuera les obligations à l'échelle mondiale. ©EPA

La Banque centrale européenne a approuvé l'ouverture d'un compte pour le plan de relance. La Commission définit sa stratégie pour l'alimenter à partir de juin, mais l'incertitude demeure.

Le plan de relance européen, Next Generation EU, a obtenu son compte à la Banque centrale européenne, reste à l’alimenter. La Commission doit lever d'ici à 2026 jusqu’à 806 milliards d’euros, aux prix actuels, pour les redistribuer aux États membres sous forme de subsides ou de prêts. Elle a adopté mercredi une "stratégie diversifiée" pour lever cet argent, 150 à 200 milliards par an. Les premières opérations de financement pourraient être lancées pour juin, et la Commission s’apprête à émettre à  ses premières obligations vertes à l’automne – qui totaliseront au moins 30% de l’ensemble.

150
milliards par an
La Commission devra exécuter des opérations de financement pouvant atteindre 150 à 200 milliards d’euros par an d'ici à 2026.

La Commission entend conserver un maximum de flexibilité pour garantir que les liquidités sont disponibles au moment voulu – elle émettra des obligations de 3 à 30 ans, mais créera aussi un programme de titres à moins d'un an. Elle publiera un rapport tous les six mois sur ses plans de financement, le premier est attendu début juin.

La stratégie de financement sera soutenue par des banques "organisées en un réseau primaire solide", qui distribuera les obligations à l'échelle mondiale, a indiqué le commissaire au budget, Johannes Hahn, mercredi. La Commission doit dévoiler à la mi-mai la plateforme d'adjudication sur laquelle elle s'appuiera.

Depuis octobre, l'exécutif européen a déjà levé 75 milliards d'euros pour financer des prêts de soutien à l’emploi (SURE) octroyés à 19 États membres. Elle s’appuie sur la crédibilité que cette opération lui a value auprès des investisseurs pour assurer le succès de ces nouvelles opérations de financement.

En demandant à la Commission d’emprunter au nom de l’ensemble de l’Union, tous les États membres bénéficieront de conditions très avantageuses - la Commission s’attend à emprunter à taux négatifs.

Dix signatures manquantes

"Notre objectif, c'est de répondre aux réserves de la cour constitutionnelle allemande."
Johannes Hahn
Commissaire européen au Budget

La Commission sera donc prête pour juin, mais les États le seront-ils ? Les obligations ne pourront pas être émises tant que les législateurs nationaux n’ont pas tous adopté la Décision sur les ressources propres.

Dix États manquent à l’appel, parmi lesquels la Pologne, où cette ratification fait l’objet d’une intense bataille politique, et l’Allemagne, dont la cour constitutionnelle a bloqué la signature présidentielle. "Notre objectif, c'est de répondre aux réserves de la cour constitutionnelle allemande", a indiqué Johannes Hahn, qui se dit confiant dans le fait que le texte sera approuvé et assure ne pas envisager de plan alternatif au cas où un des Vingt-Sept États membres ne serait pas en mesure d’apposer son sceau.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés