Le principal journal d'opposition hongrois suspendu

Nepszabadsag est un virulent critique du Premier ministre Viktor Orban et de sa politique anti-immigration, notamment dans le contexte du récent referendum sur la question. ©REUTERS

Le journal Nepszabadsag et son site web sont suspendus en Hongrie.

La parution du plus important quotidien de l'opposition hongroise, Nepszabadsag, a été suspendue, a annoncé son propriétaire, le groupe Mediaworks, soulevant des inquiétudes sur la liberté de presse sous le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban.

L'opposition socialiste a qualifié la suspension de la parution du journal Nepszabadsag et de son site web de "jour noir pour la presse" et a appelé à une manifestation devant le siège du journal à 16H00 GMT.

Pourquoi? Le groupe Mediaworks a déclaré dans un communiqué cité par l'agence MTI que la suspension de la parution du journal était dictée par des raisons économiques et qu'elle durerait jusqu'à "la formulation et la réalisation d'un nouveau concept".

Nepszabadsag est le plus fort tirage de la presse hongroise et un virulent critique du Premier ministre et de sa politique anti-immigration, notamment dans le contexte du récent referendum sur la question.

Viktor Orban a été souvent accusé de vouloir utiliser les médias à son profit, et de larges secteurs des médias privés ont été achetés par des oligarques proches de son gouvernement, affirment ses détracteurs.

Un responsable de la rédaction du journal a indiqué à l'AFP que les journalistes qui avaient préparé des articles pour l'édition de lundi avaient été empêchés d'entrer dans la rédaction et avaient reçu des lettres les informant de la suspension du quotidien.

"Nous sommes en état de choc, c'est un coup de massue. Bien sûr ils vont affirmer que c'est une décision économique mais ce n'est pas vrai" (un journaliste sous couvert d'anonymat)

"Cela porte un énorme coup au journalisme d'investigation et à la liberté de la presse. Nepszabadsag représente le plus grande groupe de la presse de qualité en Hongrie qui tente de défendre les libertés fondamentales, la démocratie, la libre expression et la tolérance", a-t-il ajouté.

♦ Le groupe Mediaworks, propriété d'un magnat de presse autrichien, et qui a acheté Nepszabadsag et plusieurs autres titres hongrois en 2014, affirme que son tirage a plongé de 74 % au cours des 10 dernières années et a perdu près de 5 milliards de forints (16.4 million d'euros).

Le journal doit s'efforcer de s'adapter aux tendances du marché, a affirmé le groupe.

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