Le QE réduit en octobre et terminé d'ici fin 2018?

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La Banque centrale européenne (BCE) annoncera sans doute en octobre une réduction de ses rachats d'actifs, selon une majorité d'économistes interrogés par l'agence Reuters, qui disent aussi que l'institut d'émission en aura vraisemblablement terminé avec ce programme d'ici la fin de l'année prochaine.

La BCE avait dit en juillet qu'elle n'avait pas évoqué de réduction de son programme de rachats d'actifs, appelé aussi assouplissement quantitatif (QE). Mais l'institut monétaire avait également laissé entendre qu'un changement se produirait "cet automne".

Ce changement sera annoncé en octobre, pensent près des trois quarts des 63 économistes interrogés par Reuters du 28 au 31 août. Un peu plus de la moitié, il y a juste trois semaines de cela, estimaient que l'annonce interviendrait en septembre. Ils n'étaient plus que 15 à garder la date de septembre dans la dernière enquête, tandis que les cinq restants prédisaient décembre.

"Au mieux, la BCE chargera le comité compétent d'examiner de quelle manière le QE peut se poursuivre en septembre, tandis que l'annonce concrète du 'tapering' (NDLR - réduction progressive des rachats d'actifs) et la manière dont le QE se fera après ne tombera qu'en octobre."
Peter Vanden Houte
Economiste d'ING Financial Markets

Priés de dire ce que fera la BCE après décembre, mois durant lequel le QE est censé arriver à terme, les économistes ont répondu à l'unanimité que le programme serait reconduit, avec toutefois des rachats mensuels réduits par rapport aux 60 milliards d'euros actuels, sans doute à 40 milliards dans un premier temps.

Une politique des petits pas

Une solide croissance en zone euro motiverait de telles décisions, encore que l'inflation, de 1,5%, reste éloignée de l'objectif de la banque centrale, soit un taux d'un petit peu moins de 2%. Et la vigueur de l'euro, qui bride toute inflation importée, ne contribue pas à relancer cet indicateur économique, ce qui ne laisse pas d'inquiéter de plus en plus de responsables de la BCE.

Au point que la BCE pourrait bien recourir à une politique des petits pas en matière de réduction progressive du QE. "Plutôt que de signaler par avance la fin du programme, nous pensons que la stratégie de la BCE consistera à envelopper la décision d'en sortir d'un maximum de prévention lorsqu'elle sera annoncée en octobre", écrit Mark Wall, économiste de Deutsche Bank. "La normalisation de l'inflation de base n'allant pas encore de soi, il incombe à la BCE d'éviter que les marchés, et surtout celui des changes, n'en fassent trop".

S'il est probable que la réunion de septembre abordera au premier chef l'avenir du programme de rachat d'actifs, aucune décision ne sera prise avant les élections fédérales en Allemagne ce mois-ci. Enfin, la BCE ne touchera pas à ses taux directeurs en septembre, et pas davantage l'an prochain, toujours d'après les résultats de l'enquête Reuters.

Mario Draghi "n'a pas fait grand chose"

58
58 des 63 économistes interrogés à ce sujet ont dit que la BCE aura sans doute bouclé totalement son QE d'ici la fin 2018 et 10 d'entre eux donnent comme échéance le mois de juin. Les 5 économistes restants ne voient pas le QE s'achever avant 2019.

Pour beaucoup d'économiste, tout dépendra, dans une large mesure, de la manière dont le président Mario Draghi informera le marché des changements, de manière à éviter un emballement - un "taper tantrum" - comparable à ce qui s'était produit lorsque la Réserve fédérale américaine avait décidé d'alléger son propre QE.

Certains analystes font valoir qu'en la matière la marge de manœuvre de la BCE est restreinte. "Draghi est resté accommodant lors de la dernière réunion, arguant qu'il n'y avait pas besoin de hâter la discussion au sujet d'un 'tapering' et que le Conseil des gouverneurs avait montré par le passé qu'il trouverait les moyens de faire plus si les perspectives d'évolution de l'inflation n'étaient pas conformes à l'objectif que la BCE s'est elle-même assigné", a observé Anatoli Annenkov, économiste de Société Générale. "Il n'a pas fait grand chose toutefois pour contrer le récent resserrement des conditions de financement, motivé par une économie forte et le sentiment qu'a le marché que la BCE n'a plus beaucoup d'options à sa disposition".

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