Les entreprises de la zone euro ont soif de crédits, pas les ménages

La demande de prêts des entreprises a atteint le solde net le plus élevé depuis 2003. ©AFP

La pandémie de coronavirus a entraîné un niveau jamais observé de demande nette de crédits de la part des entreprises. Les ménages se sont montrés plus timorés.

La demande nette de crédits par les entreprises de la zone euro a atteint un niveau historique au deuxième trimestre 2020 mais s'est fortement contractée côté ménages, sur fond de soutiens monétaires face à la pandémie du coronavirus.

D'avril à juin, la demande de prêts des entreprises a ainsi accentué son rebond du premier trimestre, pour atteindre "le solde net le plus élevé depuis le début de l'enquête trimestrielle en 2003", détaille la Banque centrale européenne (BCE) dans son enquête trimestrielle sur le crédit publiée ce mardi.

Cette évolution, qui avait été anticipée par l'institut lors de la dernière édition de son enquête, fin avril, a reflété le besoin des entreprises de préserver un matelas de liquidité et de garantir des besoins de paiement continus quand les mesures strictes de confinement étaient en place, explique l'institut. La demande de prêts en vue d'investissements de long terme a reculé quant à elle.

Les ménages bien plus timides

Côté ménages, la demande nette de prêts au logement "a fortement baissé" d'avril à juin et celle pour le crédit à la consommation a atteint "son pire niveau depuis le lancement de l'enquête en 2003", alors que de nombreux commerces fermés n'ont pu rouvrir qu'en milieu du trimestre.

Les banques s'attendent à un relèvement de la demande de prêts dans tous les secteurs lors du troisième trimestre en cours, marqué par un large déconfinement.

Les conditions réelles appliquées pour les prêts aux entreprises et aux ménages se sont détériorées, sur fond de hausse des incidents de crédits au premier semestre, ajoute cette enquête trimestrielle réalisée du 5 au 23 juin auprès de 144 établissements.

Resserrement des normes de crédit sur les prêts

Pour le troisième trimestre, les banques s'attendent à un "resserrement net considérable des normes de crédit sur les prêts aux entreprises", alors que les régimes de prêts garantis par les États vont s'arrêter dans certains grands pays de la zone euro. Ce resserrement des normes de crédit devrait aussi être observé sur les prêts aux ménages.

La BCE s'est largement employée, de mars à juin, à préserver de bonnes conditions de financement en zone euro via un programme d'urgence doté de 1.350 milliards d'euros de rachats de dette publique et privée d'ici fin 2020. Les banques peuvent aussi obtenir de la BCE des prêts facturés au taux négatif jusqu'à -1,0% pour la période allant de juin 2020 à juin 2021.

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