Les pièges qui attendent Angela Merkel

Angela Merkel ©EPA

Angela Merkel a du pousser un soupir de soulagement en entendant les résultats des législatives. Mais son troisième mandat risque de ne pas être de tout repos. La Chancelière va devoir lancer des réformes ambitieuses...

Voilà une bonne chose de faite... Angela Merkel a du pousser un soupir de soulagement en entendant les résultats des législatives qui ont été une nouvelle fois très favorable au à son parti chrétien-démocrate (CDU). Mais son troisième mandat risque de ne pas être de tout repos. Si la Chancelière va devoir s’atteler à régler très rapidement quelques dossiers brûlants, elle sera également obligée de lancer des réformes ambitieuses si elle souhaite rester dans les livres d’histoire comme la " Mutti " de la nation qui a pris soin de l’avenir de ses ouailles…

L’Europe n’attendra plus longtemps

Si l’Europe a été particulièrement absente de la campagne électorale, ce dossier va prendre très rapidement une place majeure dans l’agenda de la cheffe du gouvernement. Nouveaux fonds à débloquer pour les pays les plus démunis, enveloppe à définir pour aider les jeunes dans les zones déprimées, union bancaire... Tous ces thèmes qui ont été mis entre parenthèse ces derniers mois en raison du scrutin fédéral vont devoir être traités dans les toutes prochaines semaines.

Un salaire minimum pour faire retomber la pression

C’est une des principales promesses électorales d’Angela Merkel. La Chancelière s’est engagée à créer durant cette législature un salaire minimum garanti. A la différence des sociaux-démocrates du SPD qui souhaitaient imposer un taux fixe plancher de 8,50 euros de l’heure, la conservatrice a préféré favoriser la mise en place d’un " Smig " par branche. Concrètement, les syndicats de chaque secteur négocieront avec les représentants du patronat un tarif en-dessous duquel les employeurs n’auront plus le droit de payer leurs employés. Pour justifier sa décision, " Angie " a expliqué que les sociétés spécialisées dans des métiers peu rentables ne pouvaient pas être aussi généreuses que les compagnies fortement bénéficiaires. Son modèle risque toutefois de créer des salaires minimums très différents les uns des autres et cette solution ne devrait pas calmer la grogne sociale qui ne cesse de s’amplifier chez notre voisin. L’an dernier, le nombre de travailleurs impliqués dans des grèves a ainsi été multiplié par… six en un an pour passer de 180.000 à 1,2 million. Le nombre de jours ouvrés perdus dans ces conflits a, quant à lui, plus que doublé pour atteindre 630.000 contre 304.000 l’année précédente, selon l'Institut des sciences économiques et sociales (WSI). Un salaire minimum pourrait calmer certains salariés mais les " malchanceux " qui toucheront un tarif particulièrement bas ne risquent pas de moins débrayer dans les prochains mois.

Investir sans plus tarder…

Si la majorité des Allemands saluent aujourd’hui encore sa gestion de la crise financière et sa préférence pour l’austérité aux dépens de la relance chère à François Hollande, Angela Merkel va devoir rapidement délier les cordons de la bourse fédérale si elle ne souhaite pas que son pays se dégrade à vue d’œil. En choisissant de réduire de 3% en 14 ans le taux d’investissement national pour le faire passer à 17% du produit intérieur brut (PIB) aujourd’hui, l’Allemagne a accumulé un retard d’investissement de près de 1000 milliards d’euros, d’après l’Institut économique de Berlin (DIW). 20 % des " autobahn " et 40 % des routes fédérales auraient déjà besoin d’être réparées de toute urgence.

Enrayer la hausse du coût de l’énergie

L’arrêt brutal des centrales nucléaires décidées au lendemain de la catastrophe de Fukushima et la préférence accordée aux énergies vertes coutent une véritable fortune aux caisses publiques allemandes et par effet de domino aux contribuables. Les tarifs garantis aux exploitants de fermes solaires et de parcs éoliens pour l'achat de leur production électrique devrait couter cette année 20 milliards d'euros à l’Etat, soit une prime de… 17 milliards d’euros par rapport au prix actuel du kilowatt. Une famille outre-Rhin payait déjà en moyenne 0,253 euro le kilowatt d’électricité en 2011 contre 0,214 euro en Belgique ou 0,187 euro dans la zone euro, selon Eurostat. Et l’Agence allemande pour l'Energie (Dena) juge que ce tarif devrait encore augmenter de 20% d’ici 2020 alors que la Fédération allemande de l’industrie (BDI) table sur une hausse de 30% avant la fin 2018. Angela Merkel va devoir enrayer cette envolée sans attendre.

Faites des bébés...

Ouverture de crèches et d’écoles maternelles aux quatre coins du pays, allocations de 1800 euros maximum pour les femmes qui restent au foyer pendant un an après la naissance de leurs enfants, aides fiscales… Angela Merkel, mariée deux fois mais sans enfant, n’a pas ménagé sa peine durant ses deux premiers mandats pour encourager ses concitoyens à ne pas suivre son exemple. Mais nos voisins continuent de faire trop peu de bébés. Depuis les années 1970, son taux de fécondité plafonne à 1,4 alors que le nombre d'enfants par femme en âge de procréer doit atteindre au moins 2,1 pour assurer le renouvellement des générations. Notre voisin abrite en conséquence la population la plus vieille d’Europe. A peine 13,5 % de la population est âgée de moins de 15 ans alors que 20,4 % des 81,8 millions d'Allemands ont plus de 65 ans. Les employeurs commencent déjà à avoir du mal à trouver des jeunes à recruter et ce souci ne risque pas de s’atténuer dans le contexte annuel. Sans compter les coûts liés à la multiplication des octogénaires et des nonagénaires… La Chancelière va devenir trouver une solution miracle pour régler ce grave problème.

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