Macron et Merkel veulent un budget commun pour la zone euro

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Emmanuel Macron a rendu visite à Angela Merkel ce mardi dans le but d'accorder les violons du couple franco-allemand. Le but: renforcer les fondations de la zone euro et adopter une position commune sur le budget de l'euro et la crise migratoire que traverse le continent.

A dix jours d'un sommet européen des plus attendus, le couple franco-allemand s'est retrouvé ce mardi après-midi au château de Meseberg, près de Berlin. Scruté par toute la zone euro, ce rendez-vous avait pour but d'aboutir à un consensus entre les deux locomotives du continent, condition sine qua non pour que le sommet européen ne soit pas (déjà) condamné à l'échec. Et la pression est grande.

"L'heure de vérité de l'avenir de la zone euro"

"(En cas d'échec) Nous rentrerons, je n'hésite pas à le dire, dans une zone de turbulence pour la zone euro et pour l'Union européenne de manière générale".
Bruno Le Maire
Ministre français des Finances

Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui avait préparé la rencontre ces derniers mois lors de négociations marathons avec son homologue allemand Olaf Scholz, a estimé que le succès était impératif. "Nous sommes à l'heure de vérité de la relation franco-allemande et à l'heure de vérité de l'avenir de la zone euro", a-t-il déclaré dans la presse hexagonale, estimant qu'un accord serait un "pas considérable dans le renforcement de la zone euro". A défaut, a-t-il ajouté, "nous rentrerons, je n'hésite pas à le dire, dans une zone de turbulence pour la zone euro et pour l'Union européenne de manière générale".

Lire notre édito: "Le guidon de l'Union"

Deux dossiers de taille ont été abordés par Angela Merkel et Emmanuel Macron: l'achèvement de l'union bancaire, mais surtout la création d'un budget de la zone euro. L'Allemagne et la France veulent en effet la mise en place d'un budget commun pour la zone euro visant à mieux la protéger contre les crises. Pour la chancelière allemande, Paris pourra compter sur le soutien de Berlin dans cette démarche. "Nous nous engageons pour un budget de l'euro qui sera alimenté par des contributions nationales, les recettes d'une éventuelle taxe sur les transactions financières et d'autres ressources", a ainsi déclaré Angela Merkel alors qu'Emmanuel Macron, qui plaide de longue date pour l'instauration d'un tel instrument de solidarité, voit ce budget européen opérationnel dès 2021.

Au sujet de l'Union bancaire, ce n'est pas pour tout de suite. Le sujet n'est pas encore assez mûr, entend-on dans les rangs français où la date de 2024 est pointée pour la mise en place d'une garantie complète couvrant 100% des besoins de remboursement d'un fonds national à bout de ressources.

Enfin, les deux pays ont aussi pris le temps d'aborder un autre gros morceau du prochain sommet européen: la crise migratoire. Le chef de l'Etat français a encore une fois plaidé en faveur d'une "réponse européenne" face "au défi migratoire" de l'UE, alors que la cacophonie règne entre les différents Etats tentés par des réponses nationales. L'Europe doit avoir "plus de capacités" pour surveiller ses frontières extérieures mais aussi davantage de "mécanismes de solidarité à l'extérieur comme à l'intérieur de nos frontières face à l'arrivée des migrants", a ajouté le président français. Les deux dirigeants ont aussi annoncé travailler à un accord entre plusieurs pays de l'espace Schengen visant à refouler tout demandeur d'asile vers l'Etat où il a été enregistré en premier.

Mais les tensions actuelles sur l’immigration en Europe et au sein même du gouvernement Merkel risquent de plomber les tractations. "Chacun joue sa propre partition au sein de la coalition", notait un diplomate français avant la rencontre franco-allemande. "L'autorité de la chancelière sur ses ministres n'est plus ce qu'elle était." "On a le sentiment qu'Angela Merkel veut aller de l'avant, mais qu'en sera-t-il exactement? On attend de voir."

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