"Pas de nouveau programme" pour la Grèce

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble (à gauche), avec son homologue grec Yanis Varoufakis, à Berlin, jeudi dernier. ©Photo News

"Nous ne négocions pas de nouveau programme" avec la Grèce, a souligné mardi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaüble. Mais un projet de compromis prévoirait une transition de six mois pour laisser Athènes négocier avec ses créanciers. Dans l'espoir d'un accord, la Bourse d'Athènes s'est envolée de près de 8%.

L'Union européenne se fixe pour objectif de conclure un accord provisoire sur la dette grecque lundi prochain lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, l'espoir d'un compromis dès cette semaine étant faible.

Toutefois, le ministre allemand de Finances, Wolfgang Schaüble, a précisé mardi que l'Union européenne (UE) ne négociait pas de "nouveau programme" de réformes avec la Grèce en rappelant que les accords conclus en 2010 et 2012 tenaient toujours. "Nous ne négocions pas de nouveau programme. Nous avons déjà un programme", a déclaré M. Schaüble en conclusion d'un G20 finances à Istanbul, à la veille de la réunion, mercredi à Bruxelles, entre les autorités grecques et les dirigeants de l'eurozone.

De son côté, Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, a déclaré mardi que la Grèce devrait demander une prolongation du plan d'aide actuel afin de pouvoir négocier un nouvel accord avec le reste de la zone euro. Il n'y a aucun projet spécifique pour l'instant sur la table, selon lui.

Une large majorité de Grecs juge positifs les premiers pas du gouvernement de gauche Syriza en Grèce et notamment le bras de fer engagé avec les créanciers du pays pour s'affranchir en partie du plan d'aide en cours, selon deux sondages publiés mardi.

Huit Grecs sur dix (79,2%) ont une opinion favorable du discours de politique générale prononcé dimanche par Alexis Tsipras qui a confirmé son engagement de tourner le dos à l'austérité tout en cherchant un accord avec l'UE, selon un sondage commandé par la télévision Mega. Ils sont 67% à juger ce discours positif ou très positif, selon un autre sondage publié par l'hebdomadaire satirique Pontiki.

Dans cette seconde enquête de l'institut Alco, les trois quarts des personnes interrogées soutiennent "la position de la Grèce dans sa négociation avec ses partenaires de l'UE". Près de trois quarts (73,6%) des interrogés par l'institut GPO pour Mega parient sur un compromis avec la zone euro à l'issue des négociations même s'ils sont deux tiers à ne pas écarter tout risque de sortie de la Grèce de l'euro.

Il a expliqué que le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis présenterait sa position à ses homologues de la zone euro lors de leur réunion exceptionnelle prévue à Bruxelles mercredi mais il a ajouté qu'un accord de prolongation du plan actuel devrait être conclu d'ici à lundi pour permettre la poursuite des discussions.

"Nous devons discuter dans un cadre collectif, commun, qui existe déjà, qui est celui du programme en cours", a dit Moscovici, rejoignant la position de l'Allemagne.

Athènes a pour l'instant rejeté l'hypothèse d'une prolongation du plan d'aide actuel, même de quelques mois.

Une porte-parole de la Commission européenne a déclaré qu'il n'y avait pas de proposition officielle visant à régler la question de la dette, ajoutant toutefois que les discussions étaient poussées.

L'Eurogroupe des ministres des Finances des 19 pays ayant choisi la monnaie unique tient une réunion exceptionnelle mercredi, à la veille du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement. "Ce sont les prochaines étapes mais pour le moment, nous ne nous attendons guère à ce qu'un accord final soit conclu demain ou lors du Conseil européen", a déclaré une porte-parole de la Commission lors d'une conférence de presse.

Un responsable de l'Union a déclaré peu après que l'objectif était désormais de conclure un accord provisoire lors de la réunion ordinaire de l'Eurogroupe prévue lundi. "Cela laisserait le temps des ratifications requises par les parlements nationaux avant l'expiration du programme d'aide en cours le 28 février", a expliqué le responsable, qui a toutefois mis en garde contre les "fausses échéances".

L'agence de presse MNI, citant des sources au sein de la Commission, rapporte de son côté que l'exécutif communautaire va présenter mercredi à l'Eurogroupe un projet de compromis prévoyant une période de transition de six mois afin de laisser du temps aux négociations entre Athènes et ses créanciers.

→ Ces informations ont provoqué une accélération de la hausse des Bourses européennes à la mi-journée mardi.

©AFP

Le gouvernement grec issu des élections législatives anticipées du 25 janvier dit vouloir conclure un nouvel accord sur sa dette qui lui permette de revenir sur un certain nombre des mesures d'austérité entrées en vigueur depuis 2010.

"Bien sûr, il y a des contacts très intensifs entre le président (de la Commission), le Premier ministre Tsipras et tous les acteurs impliqués dans la zone euro (...). Mais pour le moment, tous ces contacts n'ont pas été très fructueux", a dit la porte-parole de la Commission.

La bourse d'Athènes s'envole de près de 8% en clôture

La Bourse d'Athènes finit sur un bond de 7,98%, dopée par les espoirs d'un compromis entre la Grèce et ses partenaires européens sur un plan de financement d'urgence, de réformes et de réduction de la dette du pays.

L'indice Athex évoluait à la hausse depuis le début de la séance, autour de 2%, avant d'accélérer en prenant 7% en milieu d'après-midi puis de clôturer sur un bond de près de 8%, tandis que les préparatifs se poursuivent en vue de la réunions des Finances de la zone euro mercredi à Bruxelles où la Grèce présentera ses propositions alternative au programme d'aide en cours avec ses créanciers UE BCE FMI.

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