Politiciens belges, au travail!

(pict. Christophe Licoppe / © Photo News)

Le gouverneur de la Banque Nationale, qui minimise par ailleurs la décision de la FSA relative à l'exposition des banques britanniques sur la Belgique, exhorte les politiciens belges à se mettre d'accord au plus vite sur une nouvelle coalition.

L'un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), le Belge Luc Coene, -- dont la nomination au poste de gouverneur de la Banque Nationale de Belgique par le gouvernement en affaires courantes a été confirmé par le Conseil d'Etat -- n'exclut pas un rachat de titres de dettes italienne ou espagnole par l'institut de Francfort, à condition que les pays en question fassent au préalable les efforts nécessaires.

"On l'a déjà fait dans le cas de la Grèce, je ne vois pas pourquoi il y aurait veto contre cette possibilité-là", au sein de la BCE, a affirmé le gouverneur de la Banque nationale de Belgique sur les ondes de "La Première".

"La BCE est prête à faire des efforts importants mais il faut d'abord que les pays prennent des mesures sinon cela n'a aucune incidence", a-t-il poursuivi.

Il était interrogé sur un éventuel rachat d'obligations italiennes ou espagnoles par la BCE, une mesure qui pourrait apaiser les tensions et réduire les risques de contagion de la crise à ces deux pays, dans le viseur des marchés.

Jeudi, lors d'une conférence de presse, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a annoncé --d'abord à mots couverts, puis plus clairement-- la reprise de son programme de rachat de dette. La BCE n'avait plus racheté d'obligations d'Etat depuis quatre mois.

Cette annonce n'a pas du tout rassuré les marchés qui ont chuté lourdement.

"Nous avons procédé à un rachat de dette hier (jeudi, ndlr) mais cela n'a clairement pas aidé", a confirmé M. Coene.

"La BCE peut aider mais les politiques doivent d'abord prendre des décisions" en matière de finances publiques notamment, a-t-il plaidé.

Selon des sources de marché, la BCE aurait racheté uniquement des titres de dette portugaise et irlandaise jeudi, alors que l'attention des investisseurs se concentre actuellement sur la situation de Rome et de Madrid.

Minimise la décision de la FSA

Par ailleurs, Coene a minimisé la décision du régulateur bancaire britannique FSA de demander à ses banques de dévoiler leur exposition à la Belgique, sur fond de craintes d'une extension de la crise de la dette en zone euro.

La signification de la décision de la Financial Services Authority ne doit pas être exagérée, a estimé Luc Coene.

La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir de la dette belge à 10 ans plutôt que du papier allemand de même échéance a atteint jeudi un pic record depuis la création de l'euro, alors que la Belgique n'a toujours pas de gouvernement fédéral correspondant au résultat des élections législatives de juin 2010.

Politiciens au travail!

Luc Coene a enfin exhorté les politiciens de son pays à se mettre d'accord au plus vite sur une nouvelle coalition.
Il a par ailleurs jugé qu'une poursuite de l'intégration politique en Europe était cruciale pour la survie de l'euro.

Une rapidité d'action également souhaitée par le ministre des Finances, Didier Reynders. "Nous devons clairement affirmer notre volonté de mettre en oeuvre les décisions du Conseil européen du 21 juillet. Nous devons finaliser l'accord avec les banques. Et enfin nous devons préparer le budget 2012 et montrer que nous respectons le pacte de stabilité".

Contacté sur son lieu de vacances dans le midi de la France, Reynders a souligné qu'il était en contact permanent avec le premier ministre Yves Leterme (CD&V), comme celui-ci l'avait d'ailleurs déjà indiqué jeudi, mais aussi avec le gouverneur de la BNB.

"Nous devons agir dans trois domaines", dit M. Reynders. En premier lieu il faut clairement marquer notre volonté de mettre en oeuvre les mesures du Conseil européen du 21 juillet. Un projet de loi est déjà prêt et a été adopté par le gouvernement avant le départ en vacances. "Il faudra peut-être envisager d'accélérer la discussion de ce texte au parlement, et pour cela je pourrais demander une réunion de la commission des Finances de la Chambre dès le début du mois de septembre".

En deuxième lieu, le ministre veut finaliser les discussions avec les banques auxquelles on demande de remettre à disposition les fonds lorsque les prêts accordés à la Grèce viennent à échéance. "Dès le 16 août, je reprendrai les contacts avec les banques concernées", a précisé le ministre.

Enfin, pour Didier Reynders, il faut présenter un budget 2012 à la rentrée parlementaire et montrer que la Belgique respecte le pacte de stabilité, quelque que soit la situation politique. Le budget doit être présenté soit par un nouveau gouvernement, soit par le gouvernement en affaires courantes, a-t-il conclu.

 

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