Quand Trump menace une petite ville allemande...

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Le port de Sassnitz, petite ville portuaire à 300 kilomètres au nord de Berlin, est menacé de sanctions américaines.

Le maire de Sassnitz n’en revient toujours pas. Dans un courrier daté du 5 août, trois sénateurs républicains proches de Donald Trump – Tom Cotton, Ron Johnson et Ted Cruz – menacent les autorités portuaires de cette ville de l’extrême nord-est de l’Allemagne de "destructives sanctions juridiques et économiques" à hauteur de plusieurs milliards si Sassnitz ne met pas immédiatement fin à ses activités en rapport avec le gazoduc Nord-Stream 2. La direction, mais aussi les 70 salariés de la compagnie portuaire sont directement visés par la missive. Tous se sont vu conseiller de ne plus se rendre aux États Unis, pour éviter d’éventuelles poursuites.

Les deux ports de Sassnitz, petite ville de 9.000 habitants sur l’île de Rügen, la circonscription d’Angela Merkel, servent de base logistique à la construction de Nord-Stream 2. L’ouvrage contesté est un projet du gouvernement de Gerhard Schröder et de son « ami » Poutine, qui doit approvisionner l’Europe en gaz russe, en contournant les pays Baltes, l’Ukraine et la Pologne, privant ces pays de leurs droits de transit.

"Atteinte à la sécurité nationale"

Cette nouvelle attaque de Washington contre Berlin – qui survient après l’annonce du retrait d’une partie des troupes américaines basées en Allemagne – inquiète et irrite le gouvernement allemand. Washington accuse l’Allemagne de se jeter dans les bras de Poutine, ce qui serait incompatible avec la place de la République fédérale au sein de l’Otan. Ted Cruz a notamment plusieurs fois qualifié le gazoduc "d’atteinte à la sécurité nationale" des États-Unis. Berlin estime pour sa part que le conflit serait surtout commercial, Washington cherchant à approvisionner l’Europe en gaz de schiste américain.

160
kilométres
Il ne reste que 160 des 2.360 kilomètres du gazoduc à encore construire.

L’allemand Uniper, l’un des financiers de ce projet de 10 milliards d’euros, évoque désormais un possible échec du projet, sous la pression américaine.

160 des 2.360 kilomètres du gazoduc sont encore à construire. Les travaux sont gelés depuis le retrait de la société suisse Allseas du projet en décembre dernier. Deux navires russes, dépêchés sur les lieux, ne sont pas encore opérationnels. Les navires de Allseas spécialisés dans la pose de conduits sous-marins avaient jeté l’éponge, après la promulgation fin décembre par Donald Trump d’une loi imposant des sanctions contre toute entreprise associée au projet, que Berlin entend contester devant l’Organisation mondiale du commerce.

120
SOCiétés
120 sociétés de douze pays européens sont mobilisées sur le chantier.

120 sociétés de douze pays européens sont mobilisées sur le chantier. L’allemand Uniper, l’un des financiers de ce projet de 10 milliards d’euros, évoque désormais un possible échec du projet, sous la pression américaine.

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