Recul historique du PIB en zone euro

La Commission européenne avait prévenu début juillet que les effets de la pandémie seraient "dévastateurs". ©Photo News

Le deuxième trimestre a vu la croissance européenne s'effondrer de 12%. L'Allemagne affiche le moins mauvais chiffre (-10%), tandis que l'Espagne plonge de 18%.

La zone euro a enregistré au deuxième trimestre un plongeon historique de 12,1% de son PIB, conséquence des mesures de confinement liées au coronavirus, a annoncé vendredi l'Office européen de statistiques Eurostat.

Il s'agit "de loin" du recul le plus important "depuis le début des séries temporelles en 1995", souligne Eurostat. Cette estimation "préliminaire" est cependant basée "sur des sources de données incomplètes" et fera l'objet de révisions, précise également l'institut.

L'Espagne accuse le coup

Au cours du premier trimestre 2020, entre janvier et mars, donc au tout début des mesures de confinement, le PIB avait diminué de 3,6% dans la zone euro. Pour l'ensemble de l'Union européenne, le PIB recule de 11,9% au deuxième trimestre.

Les chiffres de croissance désastreux s'accumulent ces derniers jours au niveau national: -12,4% en Italie, -13,8% en France, -14,1% au Portugal -18,5% en Espagne, -10,1% en Allemagne, -10,7% en Autriche, -12,2% en Belgique.

-12,2
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Le PIB belge s'est contracté de 12,2% au deuxième trimestre 2020. C'est un chiffre comparable à celui de la zone euro.

La Commission européenne avait prévenu début juillet que les effets économiques de la pandémie de coronavirus seraient "dévastateurs" pour la zone euro. La Commission anticipe une récession sans précédent et pire qu'attendu en 2020 pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique: -8,7% en 2020, avant un rebond en 2021 (+6,1%).

Le cas de l'Espagne est symptomatique. Le pays a subi un confinement extrêmement strict en avril, suivi par un déconfinement très progressif entre mai et fin juin. Résultat: le tourisme, pilier de l'économie espagnole avec 12% du PIB, a été très durement touché, avec un recul de 60% de ses revenus par rapport au deuxième trimestre 2019. Le pays devrait bénéficier heureusement de 140 milliards d'euros sur l'enveloppe totale de 750 milliards dégagée lors du récent sommet européen, dont près de 73 milliards sous forme de subventions directes.

Inflation très faible

L'inflation dans la zone euro a par ailleurs très légèrement progressé en juillet, selon une première estimation également publiée vendredi par Eurostat.

Le taux d'inflation s'affiche à 0,4%, contre 0,3% en juin. Il reste cependant très éloigné de l'objectif de la BCE qui est d'une inflation "proche mais inférieure à 2%". En mai, l'inflation avait atteint 0,1%. Ce n'était toutefois pas le pire taux enregistré dans la zone euro: en janvier 2015 et juillet 2009, il s'était établi à -0,6%, a rappelé Eurostat auprès de l'AFP.

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L'inflation dans la zone euro était de 0,4% en juin. C'est très en-deça de l'objectif que s'est fixé la BCE.

L'inflation sous-jacente (hors énergie, produits alimentaires, boissons alcoolisées et tabac - qui exclut par conséquent les produits particulièrement volatils) a progressé en juillet, à 1,2%, contre 0,8% en juin.

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