Tim Cook appelle depuis Bruxelles à un RGPD à l'américaine

"Quand on a lancé cet appareil, nous savions qu'il pouvait potentiellement mettre plus de données personnelles dans votre poche que dans votre maison", a indiqué Cook en brandissant un iPhone. ©EPA

Le patron d'Apple est à Bruxelles ce mercredi. Il participe à la 40e conférence internationale des autorités de la protection des données. Il y a défendu la "responsabilité" de protéger les données personnelles à l'heure où leur protection est en crise.

C'est depuis Bruxelles que le patron d'Apple a décidé de joindre sa voix aux appels à la création d'une loi américaine de protection des données sur le modèle de la fameuse "GDPR" européenne (General Data Protection Regulation). Dans l'hémicycle bruxellois du Parlement européen - déserté par les députés qui sont en session à Strasbourg - le Contrôleur européen de la protection des données (EDPS) organisait la 40e conférence internationale des autorités de protection de la vie privée. Avec en tête d'affiche le patron de la marque à la pomme, donc.

Heureusement, nous avons votre exemple devant nous.
Tim Cook
Apple

Tim Cook s'est présenté en soutien inconditionnel de ces contrôleurs à un moment charnière de l'histoire de la protection de la vie privée. Il a paré son discours d'une anaphore, une question centrale répétée en boucle: "Dans quel monde voulons-nous vivre ?"

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Et y répond en refusant le monde de surveillance généralisée vers lequel on glisse. Dans son entreprise, dit-il, "on est optimistes". Mais on sait aussi que la technologie n'est pas bonne par nature: "Elle est capable de faire de grandes choses, mais elle ne le veut pas, elle ne veut rien. On doit agir pour s'assurer qu'elle agisse pour aider l'humanité et pas l'inverse."

Quand on a lancé cet appareil, nous savions qu'il pouvait potentiellement mettre plus de données personnelles dans votre poche que dans votre maison.


Apple, de ce point de vue, porte une responsabilité, souligne Tim Cook. "Quand on a lancé cet appareil, indique-t-il en brandissant un iPhone, nous savions qu'il pouvait potentiellement mettre plus de données personnelles dans votre poche que dans votre maison."

La "voie" européenne

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Protéger les données personnelles des abus privés ou de la surveillance généralisée ne se fait donc pas tout seul. "Vous avez montré cette année la voie", lance-t-il à l'égard des institutions européennes. "Et il est temps pour le reste du monde de suivre", ajoute-t-il en lançant un appel "pour une loi sur la vie privée aux États-Unis". Pays dans lequel la protection de la vie privée est régulée de manière très variable par les États.

Pour Tim Cook, les Américains - et les autres - doivent donner leur consentement avant toute collecte de leurs données personnelles, ils doivent avoir le droit de savoir quelles données sont collectées et pourquoi, le droit d'y avoir accès et le droit d'être assurés que ces données sont sécurisées.

"Les dangers sont réels", souligne Cook. "Pour que l'intelligence artificielle soit vraiment efficace, elle doit respecter la vie: ce n'est pas une possibilité, c'est une responsabilité." Il conclura en appuyant une nouvelle fois les mérites de la nouvelle législation européenne: "Heureusement, nous avons votre exemple devant nous."

Pour que l'intelligence artificielle soit vraiment efficace, elle doit respecter la vie: ce n'est pas une possibilité, c'est une responsabilité.

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