"Un jour noir pour la liberté de la presse"

Les réactions se sont multipliées après la décision du gouvernement grec de fermer la chaîne ERT.

Au lendemain de la fermeture par le gouvernement grec de tout l'audiovisuel public, les réactions se sont multipliées.

Au niveau international

  • "La décision du gouvernement grec de fermer la radio télévision publique ERT est du seul ressort d'Athènes", a déclaré le porte-parole du gouvernement allemand. Il renvoie le gouvernement grec à ses responsabilités, le jugeant seul maître pour décider des mesures à prendre pour atteindre les objectifs fixés par la Troïka (FMI, BCE et CE). 
  • La Commission européenne a quant à elle "pris acte de cette décision, prise en toute autonomie". La Commission recontextualise cette décision dans le cadre des efforts devant être consentis par les autorités grecques pour moderniser leur économie. Elle a néanmoins déclaré "soutenir le rôle de la radiodiffusion publique en tant que partie intégrante de la démocratie européenne". Elle a donc immédiatement embrayé sur l'annonce du gouvernement grec qui s'est engagé à lancer un acteur médiatique financièrement viable. La Commission s'est réjouie de cet engagement.
  • L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) rappelle l'importance du pluralisme dans les médias. "Je demande aux autorités d'assurer immédiatement l'établissement d'un nouvel audiovisuel public et de garantir son indépendance éditoriale, financière et politique" a déclaré Dunja Mijatovic, la représentante pour la liberté des médias de l'OSCE.

Au niveau belge

  • La ministre francophone de l'Audiovisuel, Fadila Laanan, a pris ce dossier très à coeur et a qualifié ce jour de "jour noir pour la démocratie et la liberté de presse". Une proposition de résolution du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est déjà sur la table. Objectif : obtenir du gouvernement grec qu'il revienne sur sa décision et rétablisse un service public audiovisuel. Si nécessaire, avec l'aide à l'Union européenne de radio-télévision (UER). La résolution devrait être débattue la semaine prochaine au parlement.  
  • Télé Bruxelles a posé un geste symbolique et a remplacé son logo à l'antenne par une mention "Solidarité ERT". "Aucune télévision européenne, et certainement pas celle de la capitale de l'Europe, ne reste indifférente à la situation de l'ERT et de son personnel. Quel que soit le débat sur la gestion de l'entreprise, rien ne justifie la coupure brutale d'un émetteur", estime la chaîne.
  • Le président de l'UER, Jean-Paul Philippot, par ailleurs administrateur délégué de la RTBF, a écrit sans attendre au Premier ministre Samaras. Il l'appelle à "user de tous ses pouvoirs pour annuler immédiatement cette décision". "L'existence de médias de service public et leur indépendance à l'égard du gouvernement sont au coeur des sociétés démocratiques", souligne l'organisation, "Toute modification de grande portée dans le système de médias publics ne devrait être décidée qu'après un débat ouvert et exhaustif au parlement et non à travers un simple accord entre deux ministres.

 

 

 

 

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