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Un réseau de fraude aux cryptomonnaies démantelé

©ANP

Le parquet fédéral et la JIRS de Nancy (Lorraine) ont démantelé un réseau franco-israélien soupçonné de plusieurs centaines d’escroqueries au placement frauduleux réalisées notamment en Belgique.

Les petits plats dans les grands. Une conférence de presse en France, à Nancy, une autre en Belgique: les autorités ont frappé fort et veulent que cela se sache. Ce mercredi, les justices belge et française ont dévoilé l’arrestation, en Israël, du cerveau présumé d’une série d’escroquerie aux placements frauduleux en cryptomonnaie et métaux précieux. Elles espèrent ainsi voir s’enrayer un phénomène grandissant en Belgique, selon la FSMA, l’autorité des marchés financiers.

L’enquête est née en France, à Nancy, il y a deux ans, autour de la traque d’une équipe d’escrocs versés dans le blanchiment de grande ampleur par la gendarmerie. Étant donné que de nombreuses victimes de l’équipe sont belges, une instruction a été ouverte par le parquet fédéral au cabinet du juge d’instruction bruxellois Michel Claise, saisi de faits de blanchiment, escroquerie et association de malfaiteurs.

Le principe est connu: attirer le chaland par des rendements miraculeux, de 5 à 35% pour des investissements en bitcoins, en diamants ou en or, sur de faux sites internet. Pour endormir la méfiance des investisseurs, les auteurs des faits remboursent les premiers investissements en leur adjoignant la plus-value promise.

Task force franco-belgo-israélienne

Puis les escrocs reviennent à la charge, proposant une opération "juteuse" mais nécessitant un investissement plus important. C’est là que l’argent est directement englouti, viré sur un compte bancaire "rebond" ouvert en Europe avant d’être transféré au plus vite en Asie ou en Turquie.

1 million €
C’est la somme saisie par la justice dans cette enquête. On est encore loin des six millions détournés par les escrocs.

C’est au début 2019 qu’une équipe commune d’enquête a été mise en place. Europol a créé une task force impliquant des enquêteurs français, belges et israéliens. Ils ont réussi à remonter le fil des escrocs via leurs sociétés fictives destinées à recueillir les fonds volés. En janvier 2019, quatre personnes étaient interpellées et inculpées, trois filant en détention préventive. Et près d’un million d’euros ont été saisis, servant à l’indemnisation des victimes. Des demandes d’entraide ont été adressées à travers l’Europe pour mettre en lumière le circuit de blanchiment.

L’équipe d’enquête franco-belge a pu retrouver 85 victimes dans ce seul dossier, avec pour 6 millions d’euros d’escroquerie ou tentative d’escroquerie. Les enquêteurs ont retrouvé des factures correspondant à plusieurs millions d’euros, issues d’escroqueries non complétées. Au total, les enquêteurs ont recensé des centaines d’escroqueries et tentatives d’escroquerie au placement frauduleux.

Un ex de la "fraude du siècle" arrêté en Israël

Victime d'une arnaque?

Vous pensez être victime d’une arnaque? Ne versez aucune somme supplémentaire à votre interlocuteur. "Attention, cela vaut aussi et surtout si un remboursement vous est promis en échange d’un dernier versement, car il s’agit d’une technique fréquemment utilisée par les escrocs afin de tenter d’obtenir un dernier versement."

Ensuite, prenez immédiatement contact avec votre police locale afin de porter plainte et signalez l’arnaque à la FSMA via le formulaire de contact pour les consommateurs.

 

L’enquête s’est accélérée en décembre dernier, quand, en exécution d’une commission rogatoire internationale, la police israélienne a appréhendé cinq suspects sur son sol, en présence des magistrats belge et français. L’un de ces suspects, soupçonné d’être le cerveau de l’opération, est un Franco-Israélien de 45 ans, très bien connu de la justice pour avoir été condamné lourdement par le tribunal correctionnel de Paris en 2012, dans le cadre du procès des 1,6 milliard d’euros détournés en France via la TVA sur les quotas carbone. "L’arnaque du siècle" qui a donné lieu à nombre de films et de livres.

La FSMA, l’autorité des marchés financiers, ne voit cependant pas le phénomène diminuer. Selon elle, on dénombre "en moyenne quatre plaintes par jour dans des dossiers similaires, touchant à une soi-disant gestion patrimoniale depuis des plateformes internet". Toujours selon la FSMA, c’est maintenant la Flandre qui semble la plus particulièrement ciblée par ces escroqueries. Dernièrement, une victime arnaquée à hauteur de 500.000 euros a été découverte.

Ainsi, il y a un an, une victime dévoilait à L’Écho comment elle avait été dépouillée: le patron belge d’une entreprise française leader européen dans son domaine avait vendu sa boîte pour une dizaine de millions d’euros et ambitionnait de les investir dans une fondation à but humanitaire. C’est ainsi que lui et ses associés, pour financer la fondation, ont décidé de faire appel à une société de trading de cryptomonnaie promettant des rendements compris entre 10 et 20%.

Après avoir appâté les associés par une plus-value rapide, la société de trading a proposé un investissement dans l’IPO de la messagerie cryptée russe Telegram. Les associés ont mis 1,3 million d’euros dans la manœuvre… qui ont instantanément filé vers un paradis fiscal sans espoir de retour, tandis que les personnes de contact des victimes disparaissaient comme par enchantement. Une arnaque bien exécutée qui montre que personne n’est à l’abri.

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