"Une lueur d'espoir", mais "pas la fin de l'alerte" pour l'économie allemande

©REUTERS

Les statistiques officielles indiquent que l’Allemagne a frôlé la récession au troisième trimestre. Les inquiétudes demeurent alors que les signes d’alerte se multiplient notamment du côté de l’industrie automobile, l’un des moteurs de la première économie de la zone euro.

Avec un taux de croissance de 0,1% au troisième trimestre, l’Allemagne a frôlé la récession – définie par deux trimestres consécutifs de croissance négative – alors que le PIB avait reculé de 0,1% au second semestre. C’est "une lueur d’espoir", mais "pas la fin de l’alerte", prévient le ministre de l’Economie, Peter Altmaier, promettant un "pacte d’avenir pour les entreprises" intégrant des "baisses d’impôts".

0,1%
C’est le taux de croissance de l’Allemagne au troisième trimestre.

L’inquiétude demeure en effet dans le pays alors que l’industrie, moteur traditionnel de la croissance, déçoit depuis plus d’un an, notamment la construction automobile, fer de lance traditionnel de la première économie de la zone euro. Les constructeurs souffrent des incertitudes sur le marché mondial liées à la crise entre les Etats-Unis et la Chine, aux conséquences du Brexit, et au scandale des moteurs diesel truqués.

Bosch, Audi, IG Metall, ...

Dans le sud-ouest de l’Allemagne, berceau de l’industrie automobile avec les sièges de Daimler, Audi, Porsche et de nombreux sous-traitants, les syndicats agitent la sonnette d’alarme. Associé à la gestion des entreprises, conformément au principe de la cogestion, le syndicat IG Metall dresse la liste des plans de restructuration qui se multiplient depuis des mois. Chaque semaine amène son lot de mauvaises nouvelles pour l’emploi. "Entre-temps, on connaît l’existence de plans d’économies intensifs, impliquant chômage partiel et réduction des effectifs dans 150 entreprises de la région, souligne Roman Zitzelsberger, le patron d’IG-Metall dans le Bade-Wurtemberg. Souvent, les mesures sont adoptées à très court terme, et sans explications."

Chez Bosch, 2.500 emplois ont été supprimés, et 3.300 autres pourraient suivre. Le département du développement est particulièrement touché, avec 1.600 emplois, "des ingénieurs hautement qualifiés, au total 20% des effectifs en deux ans, précise Harwig Geisel, le chef du comité d’entreprise de Bosch. "Un poste de cadre sur cinq doit disparaître dans les départements liés aux moteurs à combustion."

De son côté, Audi a supprimé les postes de nuit dans son usine de Neckarsulm en avril. 250 des 17.000 salariés du site sont concernés sur les chaînes de montage des A6 et des A7.

La sécurité de l’emploi est devenue une priorité pour IG Metall, qui annonce une grosse manifestation à Stuttgart le 22 novembre, à la veille des traditionnelles négociations tarifaires de la branche.

Investissements publics

Face à ces incertitudes, le lobby allemand de l’industrie, BDI, a de nouveau invité hier le gouvernement à "augmenter les investissements publics", notamment dans les domaines du numérique, du ferroviaire et de la formation. Les partenaires de l’Allemagne et les organisations internationales ne cessent de presser le gouvernement allemand à dépenser plus pour relancer l’économie et stimuler celle de ses voisins. Mais Angela Merkel et son ministre des Finances, Olaf Scholz, refusent pour l’instant de dévier de la ligne d’orthodoxie budgétaire suivie par le pays depuis 2014.

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