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Une nouvelle enveloppe pour accompagner le plan de relance belge

Le secrétaire d’État à la Relance et aux Investissements stratégiques Thomas Dermine devrait aller repêcher des projets pour 1 milliard d'euros dans ceux qui avaient répondu à l'appel à projets lancé au début du processus. ©BELGA

Le secrétaire d’État à la Relance Thomas Dermine devrait être chargé, ce vendredi, d’identifier des investissements supplémentaires pour 1 milliard d’euros au niveau fédéral.

Ce 30 avril est une date symbolique importante: c’est aujourd’hui que la Belgique va déposer la version finale de son plan de relance à la Commission européenne, après avoir reçu l’aval du Comité de concertation. Un plan qui comprend 85 projets d’investissements, pour un total de 5,9 milliards d’euros, dont 65% devraient être engagés d’ici la fin 2023, accompagnés de 36 projets de réforme.

7,2 milliards
d'euros
Pour atteindre un taux d'investissement public de 3,5% du PIB en fin de législature, la Belgique doit investir 7,2 milliards d'euros, en plus des 5,9 milliards prévus dans le plan de relance belge.

Cette étape est l’aboutissement d’un gros travail de coordination interfédéral. "C’est un gros cargo qu’il faut faire atterrir sur une piste de brousse, en veillant à ne rien casser", aime à comparer Thomas Dermine (PS), secrétaire d’État à la Relance et aux Investissements stratégiques. Mais au Fédéral, on prépare déjà la suite. Le gouvernement, qui se réunit ce vendredi, devrait, en effet, charger Thomas Dermine (PS) d’élaborer un plan fédéral plus large.

13 milliards d'euros sous cette législature

Pour rappel, l’accord du gouvernement De Croo prévoit pour la Belgique le retour à un taux d’investissement public de 4% du PIB en 2030, avec un objectif intermédiaire de 3,5% en en fin de législature. Comme Thomas Dermine l’a expliqué la semaine dernière à la Chambre, cela signifie 13,1 milliards d’investissements supplémentaires sous cette législature.

La Flandre va faire plus que sa part du boulot avec son Vlaamse Veerkracht, qui se monte à 4,3 milliards d’euros.

Puisque 5,9 milliards sont couverts par les fonds européens du plan de relance, reste 7,2 milliards d’euros d’investissements à identifier. Des investissements dont près de 20% devraient venir du Fédéral, le solde se répartissant à parts quasi égales entre les Régions et les pouvoirs locaux.

La Flandre va faire plus que sa part du boulot avec son Vlaamse Veerkracht, qui se monte à 4,3 milliards d’euros. La moitié sera financée par les fonds européens, une partie des projets ayant été intégrés dans le plan de relance interfédéral. Et le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) s’est engagé à financer 2 milliards sur les deniers de la Région flamande. La Wallonie, avec son plan Get Up Wallonia, devrait suivre, tout comme Bruxelles.

Il n’y a guère d’inquiétude, semble-t-il, sur la capacité des pouvoirs locaux à contribuer à 40% de l’effort: ils échappent en effet à la comptabilité SEC, ce qui rend les investissements budgétairement plus faciles, alors qu’au Fédéral ou dans les Régions, cette comptabilité SEC ne fait pas de distinction entre une dépense et un investissement.

Le retour du Palais de justice

Le Fédéral, lui, devra donc réaliser 1,3 à 1,4 milliard d’euros d’investissements supplémentaires. Trois projets ont déjà été identifiés, pour un total de 328 millions d'euros. Il s’agit des projets retirés du plan belge par le Fédéral, pour passer de 130% à 100% de l’enveloppe, à savoir les quartiers du futur portés par la Défense, les scanners au port d’Anvers pour lutter contre le trafic de drogue et la rénovation de certains bâtiments publics fédéraux, comme le Palais de justice, les bâtiments du Cinquantenaire et certains bâtiments de la police.

Reste un bon milliard d’euros à injecter par le Fédéral dans le tissu économique belge. Et là non plus, le gouvernement De Croo n’entend pas réinventer la roue: pour élaborer son plan XXL, qui pourrait être déposé dès cet été, Thomas Dermine devrait aller pêcher dans quelque 8 milliards de projets qui avaient répondu à l’appel à projets lancé au début du processus du plan de relance.

Une série d’entre eux étaient extrêmement intéressants, mais ne correspondaient pas aux critères stricts de la Commission européenne, entend-on. On parle notamment de projets dans le rail ou dans l’énergie.

Le résumé

  • Ce 30 avril, la Belgique va déposer la version finale de son plan de relance à la Commission européenne.
  • Le gouvernement De Croo vise un taux d'investissement public de 3,5% du PIB en fin de législature. Cela signifie 7,2 milliards d'euros supplémentaires, à côté du plan de relance belge financé par l'Europe.
  • La part du Fédéral est de 1,3 à 1,4 milliard d'euros d'investissements en plus du plan de relance. Trois projets ont déjà été identifiés, pour 328 millions d'euros. Thomas Dermine va être chargé d'identifier le solde.

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