"Une politique monétaire très accommodante se justifie pour une période prolongée" (Lagarde)

Christine Lagarde lors de son intervention devant la commission des Affaires économiques du parlement européen. ©AFP

Pour Christine Lagarde, qui doit succéder en novembre à Mario Draghi à la tête de la BCE, c'est l'heure du grand oral devant les parlementaires européens. Elle plaide pour une politique monétaire durablement accommodante, mais demande d'être vigilant sur les effets secondaires des mesures non conventionnelles.

Alors que la BCE s'apprête à sortir la grosse artillerie lors de sa réunion du 12 septembre prochain, Christine Lagarde, qui doit succéder en novembre à Mario Draghi à la tête de l'institution, était entendue ce mercredi au Parlement européen. Lors de ce premier test, l'actuelle directrice du FMI a dressé les contours du mandat de huit ans qui l'attend à la tête de la BCE et qui doit démarrer le 1er novembre.

"Encourager la diversité de pensée est très important pour moi. Je compte écouter toutes les voix et veiller à ce que le dialogue reste un point essentiel de la décision politique."
Christine Lagarde
Future présidente de la BCE

Pour Christine Lagarde, les défis à court terme sont nombreux pour les économies de la zone euro, comme maintenir une inflation proche des 2%. Selon elle, une politique monétaire très accommodante pour une période prolongée est donc nécessaire de la part de la Banque centrale européenne. "Les défis justifiant cette politique n'ont pas disparu", a-t-elle précisé. Christine Lagarde semble ainsi vouloir s'inscrire dans la continuité du mandat de Mario Draghi. Ce dernier discute d'ailleurs encore avec les autres responsables monétaires de l'institution sur la teneur des mesures de soutien que la BCE devrait annoncer la semaine prochaine. Le paquet de mesures pourrait inclure une baisse de taux et la détermination plus affirmée à maintenir longtemps des taux bas. Il est aussi question de compensations pour les effets sur les banques des taux négatifs. De nombreux membres de la BCE sont aussi pour une reprise des rachats d'actifs même si l'opposition de certains pays d'Europe du Nord complique la donne.

Devant les parlementaires, Christine Lagarde a ainsi modéré les plans futurs de la BCE. Si des mesures non conventionnelles sont nécessaires pour stimuler la croissance, la BCE doit aussi être attentive aux effets secondaires négatifs de tels instruments, a-t-elle ajouté lors d'une intervention devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen.

Dans son intervention, la présidente sortante du Fonds monétaire international (FMI) a en tout cas affirmé qu'elle envisageait d'orienter son action à la tête de l'institution européenne en fonction de trois principes clés: l'engagement, la souplesse et l'inclusivité. "Je compte m'en tenir aux engagements pris dans le mandat de la Banque centrale, mais aussi faire preuve de souplesse pour réagir aux défis", a-t-elle expliqué en insistant sur son désir d'analyser les "coûts-bénéfices" de chaque mesure, ce qui donc pas une révision de l'actuel cadre de politique monétaire de la BCE.  

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