Une procédure disciplinaire "nécessaire" pour l'Italie

Le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici, ici lors d'une visite à Rome le 19 octobre. ©EPA

L'Italie n'a pas respecté le critère de la dette et devrait faire l'objet d'une procédure de déficit excessif, recommande la Commission européenne. Tout en appelant Rome au dialogue.

La trêve des confiseurs aura duré longtemps. Après avoir mis sous cloche ses récriminations à l’égard du budget italien fin 2018, la Commission européenne revient à la charge à l’heure de présenter ses traditionnelles recommandations par pays. Selon elle, "le critère de la dette doit être considéré comme non respecté et [une] procédure de déficit excessif est donc nécessaire". Dans le même geste, l’exécutif européen met un terme à la dernière procédure disciplinaire de ce type en cours, pour l’Espagne. L’Italie, troisième économie de la zone euro, devient donc seule dans le viseur de la Commission (la Belgique, elle, échappe à la surveillance rapprochée).

132,2%
du PIB
En 2018, la dette italienne a atteint 132,2% du PIB. La Commission s'attend à ce qu'elle dépasse la barre des 135% l'an prochain.

La Commission insiste beaucoup sur le fait qu’elle n’a pas pris de décision: "Soyons clairs: nous ne sommes pas en train d’ouvrir aujourd’hui la procédure de déficit excessif" à l’égard de l’Italie – qui peut en théorie mener à une mise à l’amende –, a souligné le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici. C’est en effet au Conseil qu’il revient de prendre la décision finale. Et il n’est pas exclu que l’avis de la Commission évolue en fonction de l’attitude que prendra Rome, a ajouté le Français: "La porte est ouverte, nous pouvons toujours échanger et écouter."

Une question de méthode

Un élément de cette discussion pourrait porter sur la méthodologie de la Commission pour parvenir à ses conclusions – elle est critiquée par nombre d’économistes selon qui le Berlaymont pourrait surestimer le déficit structurel italien. Rappelant qu'elle a été développée avec et par les États membres et qu'elle assure transparence et traitement égal, le commissaire a indiqué être "prêt à échanger davantage sur les données si les autorités italiennes veulent le faire".

Mais cette question technique n’évacue pas le fond du problème: l’an dernier, la dette italienne a atteint 132,2% du PIB, et la Commission s’attend à un effet boule-de-neige qui la mènerait à dépasser la barre des 135% l’an prochain. À titre de comparaison, l’Italie paye autant pour le service de la dette que pour l’ensemble de son service éducatif, souligne la Commission.

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